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mardi 26 juillet 2011

Good morning sunshine

Depuis que j’ai fait l’acquisition de mon Blackberry, j’ai développé un nouveau petit rituel au réveil : chaque matin, dès que je me lève, j’y jette un œil et je me reconnecte au monde. La grande différence avec mes portables précédents étant que dorénavant, je n’ai plus seulement accès à mes textos mais aussi à mes mails, à Facebook, Twitter et toutes ces indispensables conneries.

Et dans ce que mon Blackberry a à m’annoncer chaque matin, on trouve un peu de tout :

-          D’abord, je reçois tous les matins un « texto biblique ». Citation de je ne sais quel texte religieux, 90% du temps oublié juste après sa lecture, mais qui réserve parfois des surprises. Comme un petit « Déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis » ou un « Tiens bon et soit fort. Il ne te lâchera pas, il ne t’abandonnera pas » un matin où, justement, j’avais envie de mourir ou de tuer quelqu’un. Ou encore mon préféré : « Avec le vin ne fais pas le brave, car le vin a perdu bien des gens », joliment de circonstance un vendredi matin.
-          Ça peut aussi être un message sur Facebook pour organiser la soirée qui vient
-          Ou un petit twit qui me rappelle que deux de mes fidèles correspondantes du bout du monde sont déjà debout depuis 6 bonnes heures
-          Ou un nouvel article sur Microclimats
-          Ou le seul groupe de rock que je suis qui m’informe qu’ils vont encore faire un concert, mais encore à une date qui ne m’arrange pas du tout
-          Ou mon site de fanfictions qui m’informe qu’un de mes auteurs préférés a écrit un nouveau chapitre ou bien, ô joie ô merveille, qu’un de mes lecteurs a bien aimé mes histoires.
-          Ou une collègue au cours de mon dernier stage qui, levée tôt, s’est aperçue que j’avais sérieusement planté un truc et qui faudra penser à arranger ça dès que j’arriverai au Burö.
-          Ou la même fille qui, après ledit stage, me propose de me faire une lettre de recommandation, et puis me demande si pour mes vacances je vais avoir besoin d’un sac à dos parce qu’elle peut m’en prêter un au cas où.
-          Ou un fort charmant jeune homme qui a accepté ma friend request sur Facebook, à ma grande satisfaction. Je pouvais déjà voir ses photos mais tout de même, c’est plus sérieux comme ça.
-          Ou quelqu’un qui a eu un cancer.
-          Ou Amazon, navré de m’apprendre qu’en fait je vais devoir attendre deux semaines de plus pour recevoir mon bouquin qui n’est pas en stock.
-          Ou une nouvelle adepte du Trône de Fer, qui m’écrit offusquée par la scène où *** a *** avec *** et *** les a vus.
-          Ou une nouvelle promo sur Voyage-Sncf.com/Singapour Airlines/Bouygues Telecom
-          Ou un type BASURDE qui veut m’ajouter sur Google +
-          Ou un texto inattendu de quelqu’un qu’on ne croyait pas en France


Bref, mon Blackberry le matin, c’est un peu la boîte de Pandore. Ou comme une boîte de chocolat, pour plagier Forrest Gump. On ne sait jamais sur quoi on va tomber.

mardi 12 juillet 2011

Toute la musique que je j'aime...

Il y avait un film - l'homme de ma vie m'en parle régulièrement, mais j'oublie le nom régulièrement - où le héros range les périodes de sa vie suivant la musique qu'il écoutait à l'époque.
J'ai entamé mon 5ème mois de Chine, et voilà les musiques qui pour toujours, seront associées à Pékin dans mon esprit :

Britney Spears, Femme Fatale ; Far East Mouvement, Like a G6.
C'est l'hiver à Pékin, il fait un froid insoutenable. Le manteau que j'ai apporté de France ne suffit pas à couper le vent. Il fait nuit tôt, et je rencontre mes premiers amis étrangers dans des bars, en buvant mes premières Tsing Tao. Femme Fatale est un album sale, la musique est nasty. C'est sans aucun doute une musique qui dit : Fais la fête pour survivre. Like a G6 passe en boucle dans les clubs bondés. Shots de tequilas avec mes collocs chinoises.

Alex Beaupain, Les Chansons d'Amour ; André Manouquian, So in Love.
Il fait toujours froid, mais je m'habitue à la ville, à ses habitants. Je n'arrive pas à gérer la distance, je garde peu de contacts avec Paris. La France me manque. Je teste mon premier vin chinois, j'achète des Vaches qui rit comme ersatz de fromage. J'écoute Les Chansons d'Amour en boucle, et je regarde le film quatre fois d'affilée. Forcément, je pleure. Les français quittent Pékin les uns après les autres. Le printemps se dessine.

Amy Whinehouse, Frank ; Emilie Simon, Dame de Lotus ; Les BB Brunes, sélection.
Un très court printemps, deux semaines, trois peut-être. Le soleil est doux et l'on va à la plage, on fait des barbecue. J'essaye de faire écouter un peu de musique française aux étrangers, ils tombent amoureux d'Emilie Simon. Je prépare l'arrivée du boyfriend, je commence seulement à apprendre quelques mots de chinois. Yuo guai, zuo guai. Les BB Brunes me rappellent le lycée.

Oh La La, Oh La La ; Les Brigitte, Et vous tu m'aimes ?.
Le boyfriend est arrivé et a apporté avec lui deux albums français. Je les écoute en marchant jusqu'au bureau. La chaleur est étouffante. Je suis en paix avec Pékin, Paris, mes amis. La reprise de Ma Bentz par les Brigitte est trop sexuelle pour cette chaleur ; mais Oh La La me rappelle combien j'aime Paris. Oh La La incarne Paris, une soirée dans un bar, un verre de bon vin. Nous mangeons beaucoup de tofu épicé, et la Tiger coule à flot. Je sens venir la fin.

Britney Spears, Femme Fatale.
Le prochain stagiaire arrive demain, et je pars dans 33 jours. Je retourne à mes premières amours. Etrangement, Femme Fatale est moins nasty, écouté en été. Till the world ends sent toujours la sueur des clubs, mais les soirées sont plus joyeuses, presque nostalgiques. Comme si Britney s'était débarrassée de ses démons. Danser pour vivre, et non plus pour survivre.

jeudi 19 mai 2011

Ma volonté, c'est les autres

Je crois que je peux le dire, j'aime bien être seule. Du moins, je m'habitue.
Mais être seule, c'est trop demander à ma force d'esprit : je plie sous le poids des responsabilités.


Je me suis rendue compte récemment que je ne suis civilisée qu'en présence d'autres humains. Il est si facile de se laisser aller quand personne n'est là pour réclamer des comptes. Passer la journée au lit, ne pas travailler, ne pas ranger. Ne pas sortir de l'appartement de la journée, puis de la journée d'après, puis de la journée d'après. Quand il n'y a personne d'autre que soi, vivre correctement est un véritable défi de la volonté. Et moi, je ne suis qu'une plante fragile, et ma tige est molle : je m'effondre si l'on me retire mes tuteurs, mon entourage.

J'ai un pensée pour les personnes qui vivent seules, véritablement seules. Qui n'ont personne à qui téléphoner, personne à visiter. Pas de hiérarchie, pas d'entourage. Rien qui les pousse à sortir, à se nourrir, à s'habiller le matin.

La volonté, c'est les autres. Autrui est un très bon anti-procrastinateur.

Et devient-on adulte à partir du moment où l'on est capable de se gérer seul, sans l'aide de ces tuteurs ? Ou bien peut-être, n'est-ce qu'un question de caractère ? Il se pourrait que certains caractères soient améliorables, au cours du temps, mais restent toujours des plantes sans véritables tiges. J'aimerais pouvoir dire qu'à mon âge, enfin, je suis adulte. Mais il devient clair que non, sans contacts humains, je ne sais pas me gérer.
Alors que faire, attendre ? Ou bien se lancer dans la vie adulte quand même ?

Prendre le risque de foutre en l'air des choses de plus en plus importantes, si l'on échoue ? Est-ce qu'avoir un enfant responsabilise soudainement assez pour nous aider à s'occuper de lui ? Est-ce qu'un enfant est un fruit lourd de plus, qui fait plier la tige, ou bien est-ce un tuteur supplémentaire ? Faut-il attendre d'avoir les pieds bien droits dans ses bottes, les pieds sur terre, pour s'engager ?

Je me laisse un an pour décider.

mercredi 4 mai 2011

Ne pas remettre à demain...

Je voulais écrire sur quelque chose de léger, et puis je suis tombée sur cet article, parlant du déni de grossesse et des bébés congelés. Affreuse dénomination pour un phénomène affreux, incompris. On y parle de Véronique Courjault, cette mère de famille condamnée, et aussi de la jeune femme de 26 ans dont a un retrouvé un bébé, congelé, il y a deux jours.

On y parle de femmes qui se retrouvent dans une situation qui ne les arrange pas : une grossesse, et qui décident, inconsciemment, de ne pas en prendre conscience.
Pas besoin d'être dans une grande misère sociale ou affective ; il suffit de se sortir tout ça de la tête, définitivement, retirer cela de son esprit. Aussi simple, aussi bête.

Mais ce qui m'a profondément dérangée, c'est la description qu'en font les médecins (dans l'article en question, mais aussi ailleurs). Ce sont des femmes, disent-ils, qui procrastinent en permanence, au quotidien. Qui sont engluées dans le quotidien, qui ne voient que ce qu'elles veulent voir. Qui écartent de leur esprit ce qui les dérange - parce que c'est plus simple.

Ce qui m'a terrifiée quand je me suis penchée sur cette question, c'est que c'était une parfaite description de la manière dont je fonctionne.
Procrastiner sur de très longues durées, sur des choses graves, sur des relations sociales importantes. Des examens médicaux (1 an), une réponse pour le mariage d'amis (4 mois)... C'est que je vis au quotidien sans m'occuper des choses qui me dérangent ou me font peur. Parce que c'est plus simple. Et souvent, j'oublie, sincèrement, inconsciemment.


Jour après jour, la situation s'aggrave, et je ne trouve plus la force - passé un moment - pour prendre les choses en main si je ne l'ai pas fait dans les premiers jours. Alors je laisse traîner, jusqu'au moment où la réalité me force à remettre les pieds sur Terre, la plupart du temps lorsque le problème est déjà advenu.

Je ne dis pas que je puisse être capable, un jour, de tuer un bébé après 9 mois de déni de grossesse. Je dis seulement que je sais que c'est possible, et que je sais de quel caractère cela vient. Le même caractère que le mien.

vendredi 25 février 2011

De la valeur d'une dispute

Je déteste me disputer avec les gens. Et j’évite les disputes au maximum.



Il y a à cela plusieurs raisons :

- D’abord, comme je suis à la base convaincue d’avoir raison, je n’ai pas du tout envie qu’on me démontre que j’ai tort et de finir par avoir le dessous. Donc, au cas où, évitons le débat.

- Une autre raison, bien plus majeure celle-là, est mon obsession de la mort et de la disparition. Quand je quitte quelqu’un, j’ai toujours au fond de mon esprit une petite voix qui me rappelle que cette personne va peut-être se faire renverser par une voiture dans dix minutes, mourir, et que je ne la reverrai jamais. Ou alors juste partir et disparaître pendant six mois au bout du monde, mais six mois ça reste long, et le bout du monde ça reste loin. Du coup, je ne supporte pas l’idée de quitter quelqu’un en étant fâchés. On ne sait jamais ce qui peut arriver donc, au cas où, évitons l’animosité.

- Pour être plus honnête, je devrais plutôt reconnaître que ma raison première est que j’ai besoin d’être perçue comme une fille sympa, pas chiante, qui ne va pas emmerder les gens en mettant sur le tapis des questions potentiellement sources d’engueulades. Plutôt que de passer pour quelqu’un de relou, je préfère garder mes idées pour moi et ne pas trop contredire mon entourage. Tu parles, je souris (© PP.).

- Et puis de toute façon, les sujets de dispute sont globalement toujours d’une trivialité aberrante (cuissons des pâtes, élections régionales, etc.), d’où leur inutilité et leur ridicule à mes yeux. D’ailleurs après une dispute, on est censé prendre un air incompris et blasé devant tant d’ingratitude de la race humaine. Mais comme je repense toujours à l’absurdité de la dispute, je n’arrive jamais à garder mon sérieux et j’éclate de rire au bout de 2 minutes, ce qui nuit beaucoup à ma crédibilité.


Mais peut-être que j’ai tort. Peut-être – sans doute – qu’une dispute, c’est parfois vraiment nécessaire. Peut-être que c’est vraiment important de dire ce qu’on a à dire, d’exprimer ce qu’on a sur le cœur, ce qui compte véritablement. Peut-être que ça vaut nettement mieux, au final, que de tout garder pour soi et de finir par imploser à force de non-dits sacrifiés au sacro-saint arrangement. Peut-être que ça n’a rien de ridicule, et que c’est moi qui suis sotte de ne pas voir la vraie valeur de ce dont on est en train de débattre.

J’ai toujours été en faveur du « compromis à tout prix – et d’ailleurs ça n’est pas si grave, ça n’en vaut pas la peine ». Pourtant, Dieu sait s’il y a quelques personnes à qui j’aimerais tant dire mes quatre vérités agrémentées d’une bonne baffe, quitte à me prendre la pareille en retour et casser beaucoup de porcelaine mais, merde à la fin ! que ce soit dit, que ce soit fait.


Il va falloir que je médite là-dessus à l’avenir. Pourtant, même si je commence à comprendre le bien-fondé de la dispute, il y a tout de même une chose dont je reste convaincue.
(Et là, d’ailleurs, j’ai presque envie de préciser que ce n’est qu’une conviction personnelle juste un avis on peut en parler si vous voulez si vous êtes pas d’accord c’est pas grave je deviendrai d’accord avec vous. Mais merde à la fin).


Il y a, disais-je, une chose dont je reste convaincue. C’est que rester fâché avec quelqu’un, y a rien de plus con. Ça ne sert à rien, ça n’est jamais une solution intelligente, ça n’en vaut que très rarement la peine et globalement on ne sait jamais, la personne (ou nous-mêmes) va peut-être mourir/disparaître incessamment, donc merde à la fin, arrêtons nos conneries. Ah, mais.

jeudi 24 février 2011

Je suis un gros macho

Avant, j’étais féministe. Une vraie, une pure, une dure. Je connaissais par cœur des tonnes de chiffres, que je balançais à qui voulait (et à qui voulait pas) pour prouver que bordel de pute à la con, on est grave discriminées quoi. 80% des tâches ménagères pour les meufs, salaires 20% plus faible à poste équivalent, etc… Je me roulais par terre d’indignation quand je tombais sur une énormité sexiste, genre ça :

Vazy j'avais même pas de vernis ce jour là


Et je tombais à bras raccourcis sur mon mec/mes potes à la moindre réflexion un tant soit peu misogyne.

Mais pourtant, aujourd’hui, je n’arrive plus à dire que je suis féministe. Comprenons nous bien : les inégalités de traitement entre hommes et femmes c’est du caca, je le pense toujours hein. Seulement, je me suis rendue compte que j’étais une féministe en carton. Pire que ça, je suis le pire des machos.

Genre, je trouve tout à fait normal que les femmes soient discriminées à l’embauche, et moins payées. Si j’étais employeur, je préfèrerais ne pas prendre le risque d’embaucher une nana, de la former, de lui confier des responsabilités, tout ça pour qu’elle se barre en congé maternité 2 ans plus tard. J’en veux VENERE aux femmes de me faire courir le risque de ne pas avoir un salaire aussi élevé, ou un aussi bon poste que si j’avais été un mec, juste parce que comme je suis une femme, je risque de me comporter comme elles. Et je trouve contre-productives les femmes qui revendiquent à la fois des salaires égaux à ceux des hommes ET réclament un allongement du congé maternité. Si c’est pas creuser sa propre tombe ça… bref.

Et puis si j’étais vraiment féministe, je me réjouirais de voir des mecs s’impliquer de plus en plus dans la vie domestique/familiale, voir des jeunes pères s’arrêter de bosser pour s’occuper de leurs enfants toussa. Et en fait au lieu de trouver ça cool, je me dis juste « mais quelle bande de tapettes ! ».
En fait je suis juste très énervée de ne pas, à cause de ma seule condition de femme, avoir les mêmes opportunités que les hommes. Et plus ça va, moins j’ai l’impression qu’on peut y faire quelque chose. Pendant que les différents courants féministes s’amusent à se contredire, rien ne change, c’est fatigant. Rage, désespoir, toussa.

Fin bon, moi ça ne me concerne plus trop. Après tout, je suis un macho.

lundi 7 février 2011

Qu’est-ce qui rend les gens beaux ?

Quelques verres de Côte du Rhône plus tard, j’ai étrangement très envie d’écrire. Mes doigts ont en revanche un peu de mal avec le clavier, vous n’avez pas idée du nombre de fautes de frappe que je suis en train de faire. Enfin bref, il y a un article qui me trotte dans la tête depuis trois jours, et du coup voilà.

Qu’est-ce qui fait que l’on décrète qu’une personne est belle ou non ?

Cette question me vient de mon côté écrivain. Comment faire comprendre au lecteur à quel point tel personnage est magnifique ? Dire qu’il est grand, fort, qu’il a les yeux bleus et les cheveux sombre, qu’elle est vraiment bien foutue (pute), que toutes les têtes se tournent vers eux, ça ne suffit pas. Ça ne permet pas de les visualiser. Adopter le langage classique de La Princesse de Clèves ou de Jane Austen, expliquer qu’ils sont « admirablement bien faits », « parfaits pour l’esprit et pour le corps », « de bonne mine », « un chef d’œuvre de la nature », « d’une valeur incomparable et d’un agrément jamais vu », ou encore que « tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient plein de grâce et de charmes », je ne sais pas pour vous, mais ça ne m’évoque rien de précis.

Qu’est-ce que ça veut dire, finalement, d’avoir des traits réguliers, ou des traits fins, ou un visage harmonieux, ou une allure gracieuse ? Concrètement, comment est-ce que ça se traduit ? Est-ce que la beauté ne va pas plus loin ?
[Note pour Scarlett : non non, je ne suis pas en train de dériver sur le concept de la beauté non-classique et non-canonique, non non, je nie en bloc de champagne.]

mercredi 24 novembre 2010

Dignitas, dignitatis

Mon patron - qui me regarde me concentrer sur mon boulot en ce moment-même - a une vision de la vie que j'ai mis très longtemps à comprendre.
Il prône la retenue. La simplicité, l'humilité, la discrétion.


Autant me parler chinois.


La retenue, j'en avais déjà entendu parler.
On avait tenté de me convaincre que les jeunes filles pures sont la beauté du monde, que le piédestal de la femme c'est bien et qu'on ne doit pas dire Caca quand on a une chatoune. D'ailleurs, on ne dit pas chatoune non plus, pardon. Qu'il faut respecter son corps et son esprit, ne pas s'avilir en regardant du porno ou rire fort au théâtre pour se faire remarquer. Que les chemisiers transparents, c'est avilissant.


J'avais ri et j'avais continué de porter des chemisiers transparents.
J'ai toujours défendu que chacun pouvait faire exactement ce qu'il voulait - dans la mesure du respect et de la légalité (oui, je suis comme ça). Chemisiers transparents, alcool & coucheries, transformations physiques en tous genres et provoc. J'ai envie et je le fais, j'emmerde les gens, mon papa et ma maman, et je dis caca aux gens dans la rue. Parce que je suis libre.


Et puis, comme ce type - le patron - est loin d'être stupide, et il n'exprime aucune idée à laquelle il ait réfléchi moins de plusieurs années, je me suis quand même posé la question.
Je crois que j'ai compris ce qu'il voulait dire, et j'en ai déduis qu'il devait être vachement plus heureux que moi. [Et c'est là que ça va être compliqué à expliquer.]



Peut-être qu'on peut être plus libre en n'agissant pas toujours dans le sens de notre liberté.
Peut-être que la retenue est moins facile que l'exubérance, et qu'elle rend plus libre. Peut-être que c'est pas très malin, l'excès. Peut-être les chemisiers transparents, c'est bien pour s'affirmer à 15 ans, et qu'à 22 ans, il y a des moyens plus fins de s'affirmer.
La retenue.



< blague > Comme porter des chemisiers transparents à 500€ ?< / blague >

mardi 28 septembre 2010

Mes nouveaux amis

Ennemi n°1 : aller au restaurant pour retrouver cet(te) ami(e) perdu(e) de vue depuis tellement longtemps (genre une semaine au moins), et que ça va être monstre cool de retrouver pour ragoter pendant trois heures ... mais se rendre compte que le compte en banque crie famine. Devoir se rabattre sur la maigre pizza tomates-et-c’est-tout ou la plus petite portion de riz (nature, et même pas cantonais). Ou bien craquer pour le luxueux canard laqué, mais se condamner du même coup à renoncer à ce bel ensemble Princesse Tam-Tam, ce deuxième cocktail entre copines ou cette indispensable paire de bottines fourrées.

Ami n°1 : www.lafourchette.com (merci Shaolin). Ce site merveilleux qui nous a permis de nous régaler de bonne grosse viande, risotto, haricots verts et sorbets pour le dessert, le tout pour une addition ridiculement légère. Merci les 50% de réduction. Merci, chère fourchette.

Ennemi n°2 : profiter d’un soir où on sort tôt du boulot pour s’offrir une virée shopping ... mais, après avoir fait le tour de vingt boutiques et perdu trois heures, se rendre compte que toutes les adorables fringues qu’on avait repéré dans Glamour brillent par leur absence dans les vitrines. Avoir envie d’assassiner toutes les mégères blondasses qui se plantent par douzaines devant nous dans la queue pour les cabines d’essayage. Râler, craquer pour une paire de chaussettes qu’on ne mettra même pas, et rentrer chez soi en ayant férocement l’impression de s’être fait avoir.

Ami n°2 : http://www.zara.com/. Ce site merveilleux qui ne va pas tarder à me permettre de claquer allègrement toute ma fortune (économisée grâce à la Fourchette, voir plus haut) dans une paire de bottines fourrées ou une jupe mettable malgré le froid qui règne en Sibérie à Paris. Je vais même pouvoir assouvir ma nouvelle passion pour les capes à carreaux et recevoir plein de paquets cadeaux chez moi (en espérant que j’ai calculé la bonne taille). Merci la livraison à domicile. Merci Zara.

(Oui donc ce soir je suis en mode pub, mais avouez que ça vaut le coup)
(Cet article serait ravi d’avoir plein de bons plans en guise de commentaires)

jeudi 23 septembre 2010

Orgie

J’entre dans la demeure. Une fois de plus.

Certains pourront penser que c’est un peu choquant, et même dérangeant, de retourner si souvent dans un endroit pareil. Ça n’est pas raisonnable ; si ça se savait ...
Mais je n’y peux rien : cet endroit m’attire, il me fascine. Je le repère de loin dans la rue, il est immanquable, et je regarde tous ces gens qui passent devant en essayant de ne pas trop regarder les vitrines pour ne pas se laisser tenter. Moi, au contraire, ça fait longtemps que j’ai arrêté de résister. Alors tant pis pour ce qu’on en pensera : j’entre.

A l’intérieur, c’est un paradis. Je reçois des saluts, des sourires, je me laisse séduire en frissonnant. Le seul fait d’être ici m’excite. Cet endroit est celui où je sais que tous mes désirs vont être comblés – même les plus exotiques ! À chaque étage je trouve des plaisirs différents, toujours plus intenses à mesure que je monte vers le ciel ... Il y a par exemple ce recoin à l’abri des regards où je file en premier, là où je suis sûre de trouver mon bonheur même si les alentours sont un peu modestes. Déjà, je tombe en extase, incapable de retenir le sourire qui me vient irrésistiblement aux lèvres. Des gens me surprennent ou me regardent du coin de l’œil ... Je dois les surprendre, les choquer peut-être. Tant pis. Je n’ai aucune intention de gâcher mon plaisir à cause d’eux.

Je me promène dans cette demeure de merveilles, mes yeux s’attardant sans cesse sur un nouvel objet plus alléchant que le précédent. Parfois, l’un d’eux accroche particulièrement mon regard : je m’approche alors, je le contemple, je le caresse légèrement en tentant de deviner ce qu’il essaie encore de me cacher. S’il m’intrigue trop, je m’en empare et je l’emmène avec moi. Un autre me fait de l’œil un peu plus loin ? Aucun problème, plus il y en a et mieux c’est.

Je suis capable de dépenser une fortune pour eux, pour le plaisir qu’ils m’offrent. Chaque fois que je viens là-bas, je suis partagée entre l’exaltation et la frustration de ne pas pouvoir en profiter encore davantage. Alors chaque fois, je me promets de revenir bientôt, peu importe ce qu’il m’en coûtera.

Quand je ressors je suis encore tout éblouie, et les gens qui me croisent s’interrogent sur mon regard fiévreux et mes mains tremblantes. Je suis encore ailleurs, dans cet autre monde aux mille délices. Et puis lentement, peu à peu, le rêve s’estompe en ne me laissant que quelques souvenirs exquis.


Putain, j’adore la Fnac.

Bad girlz

Manger des fruits et des légumes.
Ne pas fumer.
Ne pas boire d'alcool.
Faire du sport.
Faire de bonnes études.
Se tenir bien droit.
Avoir peu de partenaires sexuels.
Et se protéger.
Se brosser les dents trois fois par jour.
Regarder avant de traverser...

Il est sans doute impossible de compter tous les conseils et obligations auxquels on est exposés. De compter tous ceux qu'on n'a pas suivis. De compter tous ceux qu'on suit au quotidien. C'est avant tout beaucoup de bon sens et d'instinct de survie, un peu d'éducation mise en forme.


Mais mon Dieu ! Quel plaisir irremplaçable ! Ce verre de vin et cette clope, dans le lit, jusque tard dans la nuit...

mardi 27 juillet 2010

Ode à mon visiteur nocturne

La nuit battait son plein, et la chaleur, mon sommeil. Innoncente de rêves, je roulais ma tête et mon corps dans une immensité rouge. Seuls conscients en moi étaient mes sens. Ce monde étouffant d'enfouissement me tenait indisponible à tes subtiles caresses, alors tu entrepris de m'en tirer.

Commença la sérénade enivrante. Je ne m'éveillai pas aux premières vibrations de ton jeu. Je guettai tout juste une présence familière, une note furtive et plaintive que peut-être déjà j'avais saisie auparavant.

Comme ta présence devenait plus stridente, Soupçon jeta son manteau et se montra Souvenir. Les yeux de mon âme te virent, mes bras frémirent à la mémoire de nos anciens ébats. Depuis plusieurs nuits, tu me visitais, hardi mais prudent. Cette fois, dans ton enthousiasme, tu m'effleuras. Touchée par les ailes de ton désir, je ne pouvais plus t'ignorer : j'ouvris les yeux.

Je me risquai à faire un peu de lumière, espérant voir enfin ta silouhette. Pourtant mes murs étaient tels qu'à l'accoutumée, et mon lit restait vide. Je t'attendis dans une patiente inquiétude. Je crus t'avoir mis en fuite et replongeai dans le sommeil.

Point ne tardas à m'y rejoindre. Par trois fois, nous fîmes cette danse, bercés ensemble par ta mélodie timide. Mais ton ombre même demeurait insaisissable. N'y tenant plus, je te découvris ma gorge et me laissai manger de baisers.

Douleur! Une fois rassasié, tu volas loin de moi, me laissant épuisée et souffrante. Pas un philtre, pas un onguent pour me soulager. Tu m'avais pris mon corps et laissé la monnaie des cruels.

Visiteur impudent, je me fais cette promesse : lorsque tu me réclameras ce soir, je saurai reconnaître ton chant, et te répondrai "Moustique, montre toi si tu es un homme!"