Quelques verres de Côte du Rhône plus tard, j’ai étrangement très envie d’écrire. Mes doigts ont en revanche un peu de mal avec le clavier, vous n’avez pas idée du nombre de fautes de frappe que je suis en train de faire. Enfin bref, il y a un article qui me trotte dans la tête depuis trois jours, et du coup voilà.
Qu’est-ce qui fait que l’on décrète qu’une personne est belle ou non ?
Cette question me vient de mon côté écrivain. Comment faire comprendre au lecteur à quel point tel personnage est magnifique ? Dire qu’il est grand, fort, qu’il a les yeux bleus et les cheveux sombre, qu’elle est vraiment bien foutue (pute), que toutes les têtes se tournent vers eux, ça ne suffit pas. Ça ne permet pas de les visualiser. Adopter le langage classique de La Princesse de Clèves ou de Jane Austen, expliquer qu’ils sont « admirablement bien faits », « parfaits pour l’esprit et pour le corps », « de bonne mine », « un chef d’œuvre de la nature », « d’une valeur incomparable et d’un agrément jamais vu », ou encore que « tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient plein de grâce et de charmes », je ne sais pas pour vous, mais ça ne m’évoque rien de précis.
Qu’est-ce que ça veut dire, finalement, d’avoir des traits réguliers, ou des traits fins, ou un visage harmonieux, ou une allure gracieuse ? Concrètement, comment est-ce que ça se traduit ? Est-ce que la beauté ne va pas plus loin ?
[Note pour Scarlett : non non, je ne suis pas en train de dériver sur le concept de la beauté non-classique et non-canonique, non non, je nie en bloc de champagne.]
Cette question m’a notamment beaucoup traversé l’esprit à l’époque où, écrivant sur le Seigneur des Anneaux, je voulais décrire le délicieux Orlando Bloom ... Et n’y arrivais jamais, à ma grande frustration. Ok, brun, bouclé, les yeux noirs, le visage un peu carré. Mais encore ? Ben ... Il est tant beau !
Rien de bien convaincant, donc. Même réflexion pour Keira Knightley qui est également tant belle, mais que globalement je n’arrive pas à décrire autrement que brune aux yeux bruns (et anorexique) (mais tant belle).
Du coup, essayons de raisonner autrement. Qu’est-ce qui fait qu’une personne n’est pas belle ? Qu’est-ce qui nous permet de décréter qu’untel ou untelle n’est pas vraiment à notre goût, voire objectivement moche ? Sans prendre en compte les éventuelles questions de poids (en trop ou en moins), de boutons, d’adolescence badante, plate et dégingandée, et autres problèmes ponctuels. Parce qu’il y a des gens vraiment moches, désolée, mais on ne va pas le nier. Demandez à Quasimodo. Qu’est-ce qui constitue finalement la vraie disgrâce, le véritable manque de bol et désamour de Dame Nature ?
Sans compter que les canons évoluent avec le temps. Récemment, j’ai craqué pour un bouquin qui m’avait l’air incroyable : Une histoire du corps au Moyen-Âge. À la fois parce que le sujet me passionnait et surtout parce que la couverture représente une jeune femme nue qu’on ne voit que des genoux aux épaules. Ce livre m’a tout de suite attirée, parce que cette fille m’a semblée être formée exactement comme moi, et que ce que je reproche précisément à mon physique lui avait permis à elle, au XVème siècle, d’être un modèle de beauté et de poser pour un peintre.
Bref, comme d’habitude cet article part dans tous les sens et ne répond à aucune des questions qu’il pose, je voulais juste lancer la réflexion, le débat est ouvert, les commentaires sont bienvenus.
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