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jeudi 7 juillet 2011

Comment j'aurais pu devenir un gros macho, et en fait non.

L'affaire DSK nous a flingué le cerveau, ses accusatrices créent la polémique, ses défenseurs nous font saigner les oreilles à coup d'offenses à la raison, toussa. On en aurait presque marre de vouloir croire à l'égalité, au statut des femmes. Bof bof. Ca serait beaucoup plus simple si on était des gros machos.
On n'a qu'à s'en foutre, un peu, non ?
Ca me paraissait pas mal comme solution.


Et puis, j'ai regardé Sucker Punch.
L'homme qui partage ma vie m'avait convaincue de faire preuve d'un peu d'humour, et de regarder des meufs bonnes en minijupes mitrailler des dragons. (ça aurait pu marcher - rapport au fait que j'aime bien les meufs bonnes, quand même)

Sauf que des couettes blondes et un bout de nombril, les mecs, Britney l'avait fait il y a 10 ans.

Mais Sucker Punch n'est même pas un navet. C'est pire.

Intrigue (si tant est qu'on puisse appeler ça une intrigue) : 
Une orpheline se fait emmener par son père dans un hôpital psychiatrique pour qu'ils la lobotomisent (ambiance glauque, pas très loin de Saw). Elle a 5 jours à patienter avant l'opération. Pour survivre, elle s'invente un monde où l'hôpital est un cabaret et ses potes sont des prostituées maltraitées (ambiance Chicago et Moulin Rouge). Là, elles survivent grâce à leurs talents de danseuses. Elles planifient leur évasion. D'ailleurs, pendant que l'héroïne danse, elles se retrouvent toutes ensemble dans un monde où elles combattent des dragons, des robots et/ou des Poilus allemands zombies (ambiance jeu vidéo).

J'ai rien contre les filles en culotte. Mais je préfère quand elles sont consentantes.

Vous trouvez que mon résumé du scénario est pas très clair ? C'est pas clair dans le film non plus.
Ca a l'air stupide et misogyne ? Ca l'est dans le film aussi.

Heureusement, l'héroine a toujours la bouche ouverte pour bien rappeler qu'elle est sexy.

Ca vous choque de voir qu'on peut associer les codes du fantasme à des scènes d'humiliation, de menace de viol, de torture et de meurtre, tout en faisant passer ça pour de la rébellion féminine ?

Là, elle se fait attaquer par son père. Mais heureusement, au lieu de se rebeller dans la vraie vie, elle s'invente un autre monde. Un monde où elle est prostituée. C'est ça, la force de l'esprit de la femme.


Bref, au début, j'ai cru que j'allais m'endormir. Puis j'ai cru que j'allais mourir tellement l'esthétique est ridicule. Puis j'ai cru que j'allais vomir, tellement ce que les présupposés derrière l'intrigue et les personnages sont pervers et misogynes.

Puis j'ai su que je serais jamais un gros macho, et que je pourrai jamais m'en foutre, de la place de la femme, toussa.

mardi 31 mai 2011

Mr. Darcy

Ou l’Amour vu par Jane Austen.


Je viens de finir, avec Mansfield Park, de regarder les six films inspirés des romans de Jane Austen. 
Pardon : des romans de la Grande Prêtresse Intersidérale du Romantisme en Robes Empire.

Et, comme à chaque fois que je regarde l’un de ces films, j’en sors hébétée, un peu incrédule en surface, mais dans le fond profondément convaincu qu’un prince charmant sur son cheval blanc m’attend au coin de la rue. C’est l’effet Mr. Darcy.


(oui, bien sûr que j’ai un dossier « Darcy » sur mon ordinateur)

Effet Darcy, Willoughby, Edmund ou Frederick Wentworth : le concept reste le même, celui d’un jeune homme tombant passionnément amoureux d’une jeune fille dans la bonne société anglaise du XIXème siècle. Un scénario qui, a priori, ne casserait pas trois pattes à un canard – d’autant plus que c’est six fois la même chose. Sauf que, magie de Jane Austen et effet Mr. Darcy, on ne s’en lasse pas.

Deux cents ans plus tard, plus personne n’oserait imaginer et écrire une histoire où un homme tombe amoureux d’une femme après l’avoir simplement côtoyée pendant quelques semaines. Sans jamais l’embrasser, sans jamais la voir autrement vêtue qu’avec la plus stricte modestie (clairement, on ne fait pas plus informe qu’une robe Empire). Sans que la jeune fille se distingue par une beauté époustouflante, une fortune remarquable ou un talent de séduction particulier. Ne parlons pas des bals, où les danseurs se tiennent à peu près à la même distance que des collégiens pendant un slow.

Simplement en vivant à ses côtés, en lui parlant, en croisant son regard, tomber amoureux comme jamais, en perdre la raison, être prêt à tout quitter pour l’épouser. Trouver assez de perfection dans la personnalité de l’autre pour vouloir vivre à ses côtés jusqu’à la fin de ses jours (au fin fond de la campagne anglaise, qui plus est).

Hallucinant. Basurde. Improbable. Ridicule. Délirant. Nonsense.
Jane, dans quel monde vis-tu ?!

Je peux venir ?

Du LOL en barre

Je réfléchis trop, dernièrement. Je poste trop sur ce blog ; je remets tout en cause. Je débats avec Scarlett, avec Lo, du sens de la vie, de l'existence de Dieu, de la pérennité des relations humaines, de la couleur des manucures.

Je réfléchis trop, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue. Et dans ces moments-là, il n'y a qu'une chose qui me sauve. Pas l'Haagen Dazs à la noix de Macadamia, pas la saison 2 de Glee (un peu, quand même).

Le LOL. Les memes Internet. Les vidéos de chatons qui éternuent et les détournements graveleux de Star Wars ou d'Harry Potter. Les photomontages d'Obama ; les gifs impliquant 50 Keanu Rieves et une bande son insoutenable. Aucun sens, aucun but, juste du pur délire.

Certains vont me dire : Mer tu et fou ; mais c'est ma passion secrète, mon obsession honteuse. Et ça marche : rire de You've gotta be kitten me permet de mieux dormir la nuit sans trop penser à la vie après la mort.




Enkuler de rire.


mercredi 4 mai 2011

Ne pas remettre à demain...

Je voulais écrire sur quelque chose de léger, et puis je suis tombée sur cet article, parlant du déni de grossesse et des bébés congelés. Affreuse dénomination pour un phénomène affreux, incompris. On y parle de Véronique Courjault, cette mère de famille condamnée, et aussi de la jeune femme de 26 ans dont a un retrouvé un bébé, congelé, il y a deux jours.

On y parle de femmes qui se retrouvent dans une situation qui ne les arrange pas : une grossesse, et qui décident, inconsciemment, de ne pas en prendre conscience.
Pas besoin d'être dans une grande misère sociale ou affective ; il suffit de se sortir tout ça de la tête, définitivement, retirer cela de son esprit. Aussi simple, aussi bête.

Mais ce qui m'a profondément dérangée, c'est la description qu'en font les médecins (dans l'article en question, mais aussi ailleurs). Ce sont des femmes, disent-ils, qui procrastinent en permanence, au quotidien. Qui sont engluées dans le quotidien, qui ne voient que ce qu'elles veulent voir. Qui écartent de leur esprit ce qui les dérange - parce que c'est plus simple.

Ce qui m'a terrifiée quand je me suis penchée sur cette question, c'est que c'était une parfaite description de la manière dont je fonctionne.
Procrastiner sur de très longues durées, sur des choses graves, sur des relations sociales importantes. Des examens médicaux (1 an), une réponse pour le mariage d'amis (4 mois)... C'est que je vis au quotidien sans m'occuper des choses qui me dérangent ou me font peur. Parce que c'est plus simple. Et souvent, j'oublie, sincèrement, inconsciemment.


Jour après jour, la situation s'aggrave, et je ne trouve plus la force - passé un moment - pour prendre les choses en main si je ne l'ai pas fait dans les premiers jours. Alors je laisse traîner, jusqu'au moment où la réalité me force à remettre les pieds sur Terre, la plupart du temps lorsque le problème est déjà advenu.

Je ne dis pas que je puisse être capable, un jour, de tuer un bébé après 9 mois de déni de grossesse. Je dis seulement que je sais que c'est possible, et que je sais de quel caractère cela vient. Le même caractère que le mien.

jeudi 24 février 2011

Les dessous de Microclimats


C'était l'hiver, et ma choppe de l'époque m'avait invitée au restaurant chinois. Nous remontions en voiture, le copain, Scarlett et moi-même, du restaurant vers un campus bien connu de nos services. Scarlett était venue nous chercher en voiture, car ce chemin est très désagréable à faire autrement qu'en voiture, surtout l'hiver. Et c'était l'hiver.

Sur ce campus, donc, il fait bien froid. Mais nous étions plusieurs - des demoiselles - à savoir nous amuser. Rencontrer des gens, boire des coups, danser, se déguiser, monter sur les bars, ambiancer, mettre sa langue dans d'autres bouches, coucher, sans vergogne, parfois, souvent. Tripper, quoi.
On disait de nous beaucoup de bien, et/ou beaucoup de mal.
Mais, < cliché > au moins on était ensemble .

Dans la voiture, il y avait une musique absurde qui nous avait fait chanter, bouger, tripper. On avait bien ambiancé la voiture. Et au moment de sortir, on avait bien oublié que c'était l'hiver sur le campus ; et quelqu'un a dit qu'il faudrait ambiancer le campus comme on avait ambiancé la voiture, ...réchauffer le campus.
Le copain a déclaré : "Les filles, vous êtes les microclimats du Plateau de S*****, les filles qui réchauffent l'ambiance du campus par ce froid de gueux."

C'est resté, bien sûr, "les microclimats". Et le copain, je l'ai gardé aussi, dans le doute.

Mais depuis, il arrive, quand on boit des coups en l'honneur du chaud et du froid, des perles et de la tequila, des porte-jarretelles en dentelle, des manucures et du pole-dance, il arrive qu'on lève nos verres et qu'on crie "Microclimats", pour se rappeler < cliché > qu'on est ensemble .
Et ça me fait toujours sourire quand je grimpe dans la voiture de Scarlett.

lundi 13 septembre 2010

Chiant comme du Wagner

J'ai toujours adoré la littérature, surtout quand elle est chiante comme du Wagner.

Pour être à mon goût, elle est doit légèrement désuète et poudrée, de préférence incompréhensible ou dérangeante. Nécessairement ancienne, pour avoir franchi le temps et les méandres de l'oubli humain. Un roman qui passe les siècles et reste dans la mémoire renferme forcément un peu de génie.
D'où : n'ont de génie que les Classiques - élargissons à un siècle d'ancienneté, pour être sympa.
Le reste ne joue pas dans la même cour.

Et puis, deux claques, coups sur coup, m'ont forcée à revoir mon jugement. Dans les deux sens.

D'abord, L'Excuse, de Julie Wolkenstein (le pitch ici). Un extraordinaire jeu de rôle et de tarot, pour littéraires victoriens aguerris. Un chef d'œuvre, une de ces œuvres que je n'oublierai pas.  Paru en 2008, accueilli chaleureusement par la critique, qui connait un certain succès en librairie. Puis oublié aussi vite que dévoré.

Puis, La carte et le Territoire, de... Michel Houellebecq. Il est inutile de s'étendre sur ce qu'a écrit Houellebecq avant ce livre ; ce roman est son meilleur. Ce roman est le meilleur que j'ai lu depuis longtemps (L'Excuse mis à part - voir ci-dessus). Ce roman mérite son succès, son battage médiatique, ses polémiques. L'intrigue est sinueuse et amère, l'écriture granuleuse et agréable comme jamais l'auteur n'avait su le faire auparavant. Un livre entré dans l'histoire avant même une semaine de parution.

Je continuerai à lire de la vieille littérature, et à l'aimer chiante comme du Wagner. Mais...

mercredi 25 août 2010

Avoir envie d’écrire

Ecrire, c’est toute ma vie. Ça fait déjà de longues années que ça dure : des histoires trottent dans ma tête depuis bien longtemps, et j’ai commencé à prendre la plume pour de bon autour de mes 14 ans. Les premiers textes, franchement, c’était gentiment niais et plutôt mauvais ! Toujours assez drôle à relire quelques années plus tard ... Figurez-vous qu’à 14 ans, on a furieusement tendance à écrire comme une minette de 14 ans : des histoires d’amour à l’eau de rose entre une fille merveilleuse (idéalisation de l’auteur, évidemment) et un garçon parfait.

J’ai un peu changé de style, depuis – enfin j’espère. Mais il y a une chose qui demeure depuis tout ce temps : j’adore écrire. J’adore inventer des histoires, créer des personnages, les installer dans des décors de fou. Plus que tout, j’adore ces nuits passées sur mon clavier à sentir l’inspiration venir tellement vite que les idées se bousculent dans ma tête et que mes doigts (pourtant bien entraînés) n’arrivent pas à suivre pour taper tout ça assez vite. Un des sentiments les plus exaltants que je connaisse ! On en sort épuisée, ravie, fière et étonnée que ça soit arrivé. On rejette un œil à toutes ces notes un peu plus tard, et on s’émerveille que ces idées trop chouettes aient daigné passer par notre cerveau.

Autre chose : vous l’avez peut-être remarqué même dans les articles que j’écris ici, mais je n’arrive jamais vraiment à y dire quelque chose. À faire passer un message précis. En revanche, j’adore parler d’un sujet pendant des kilomètres de lignes. Les messages me laissent parfois de marbre, mais les mots ... Les mots sont merveilleux, de vrais bonbons pour une plume. Il y en a pour lesquels j’ai une affection toute particulière : alcôve, par exemple (et beaucoup de mots avec un accent circonflexe, d’ailleurs). Il faut le déguster, le faire durer, le prononcer en imaginant ce petit nid de soie et de taffetas rose ou bleu pâle blotti au creux d’un mur, avec une belle alanguie entre les draps. Alcôve. Ou encore cramoisi, ce mot auquel je ne peux pas penser sans avoir la sensation d’écraser une poignée de framboises. Et puis aussi circonvolutions, qui donne envie de faire du toboggan entre toutes ses courbes. Des mots magiques, je vous dis.

D’où mon adoration pour les histoires qui parlent des lueurs chatoyantes des lustres ou autres joyeusetés, et mon exécration pour tous les véhicules, les attestations, les délais d’ajournement ou je ne sais quoi de ministériel ou de républicain. Franchement, beurk.


Dans le prochain numéro : chanter, c’est toute ma vie.

vendredi 13 août 2010

Ecrire ou avoir écrit

Je suis entourée aujourd’hui d’êtres qui écrivent. Qui inventent, qui rédigent, tous les jours, à tour de bras et à ronds de pieds, des pages et des pages. Parfois même, ils en font leur métier. Il y a quelque chose là-dedans qui me fascine. Si j’écris moi-même, souvent, je ne suis assurément pas de cette trempe-là. Je n’ai presque jamais envie d’écrire.
Ce n’est pas pour ça que je n’écris pas, non, je l’ai dit.  C’est plus subtil. C’est plus ennuyeux : j’ai toujours envie d’avoir écrit. D’avoir déjà fini.
C’est à croire que je ne suis faite que pour relire, corriger, pas pour créer à partir de rien. J’ai l’âme d’avantage disposée à recevoir les hommages ou les déceptions, que l’envie réelle d’écrire.

Je suis d’ailleurs déjà soulagée d’avoir fini. J’avais l’envie d’avoir écrit.

jeudi 29 juillet 2010

Historia

Parce qu’en la matière, je ne m’intéresse pas seulement au XVIIIème siècle. N’en déplaise à l’éventail rococo qui décore mon bureau.

Je n’ai jamais vraiment réussi à me décider pour une époque en particulier, en fait. Par exemple dès que je commence à m’enflammer pour le Second-Empire, un petit détour par Versailles me replonge dans une folle fascination pour Louis XIV – et en particulier ses maîtresses, sujets inépuisables de ragots, reliques et romans. Et puis dans le même coup je me découvre une curiosité pour la Rome antique (la faute à qui, on se le demande), avant de revenir fidèlement à mon grand amour de la Renaissance.

Chaque époque, chaque roi, chaque siècle a son lot d’anecdotes inutiles et géniales qui donnent envie de passer sa nuit plongée dans une encyclopédie. Les fins de dynastie, tenez, ça s’achève toujours sur trois frères. Les trois fils de Philippe le Bel – Louis X le Hutin, Philippe V, Charles IV – pour les Capétiens. Les trois fils d’Henri II – François II époux de Mary Stuart, Charles IX et sa Saint-Barthélemy, Henri III assassiné – pour les Valois. Et enfin Louis XVI, Louis XVIII et Charles X pour les Bourbons. Curieux comme l’Histoire se répète.

Curieux aussi comme elle se mélange, pour traverser les frontières des royaumes. Tous ces cousins qui s’épousent entre eux, ces Reine Victoria ou ces Napoléon qui marient leur nombreuse famille à toutes les têtes couronnées d’Europe. Assez malsain. Pourtant la plupart de ces mariages à moitié consanguins n’ont pas donné d’enfant particulièrement monstrueux. Après, c’est plutôt du côté de leur destin que ça se gâte. Prenez Sissi, Napoléon (encore lui), ou Marie-Antoinette : globalement, ça s’est mal terminé.

Et la question du jour, c’est donc pourquoi je vous parle de tout ça. Quand on se penche sur la vieille Histoire, on a un peu le pouvoir de faire revivre les morts, de faire ressurgir les ombres du passé comme s’ils vivaient toujours dans une réalité parallèle ; des acteurs dévoués, qui joueraient et rejoueraient le rôle de leur propre vie chaque fois qu’un descendant de leurs fidèles sujets s’intéresse à eux. On entend encore les parquets craquer, le tintement des cristaux d’un lustre, les chuchotements poudrés des conversations et des secrets d’Etat.
Des petits riens, certes. Mais à quoi ressemblerait aujourd’hui sans eux ?