Affichage des articles dont le libellé est Le Büro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Büro. Afficher tous les articles

vendredi 18 février 2011

Le coeur, le corps, l'âme et l'esprit

Je vais partir en Chine, à Pékin, très bientôt et pour longtemps.

Mon coeur résiste, ne veut pas abandonner sa vie en France, mon âme attend de voir cette toute nouvelle culture, mon esprit s'enorgueillit, à l'avance, d'être capable de partir.
Mais c'est bien mon corps qui crie le plus fort, de mes quatres vies.
Mon corps me demande, incessament, de ne pas partir. Une grippe, un rhume, des boutons de fièvre, des palpitations, des tremblements, des poussées allergiques effrayantes.... c'est beaucoup pour deux jours.

Est-ce que c'est un message sérieux ? Est-ce que c'est dans nos réactions physiques que se situe le siège de nos inconscient ? Amusant, n'est-ce pas, que ce soit par le corps - la moins expressive de nos vies, normalement - que s'expriment nos sentiments les moins faciles à discerner.

J'ai décidé de ne pas écouter mon corps ; et je soigne mes petites maladies en faisant contre mauvaise fortune bon coeur. Parce que j'ai la conviction que la force d'esprit, la résistance du coeur, la fierté de l'âme ne se reçoivent pas, mais se travaillent.

mardi 3 août 2010

Mon nouveau cobureau

La semaine dernière, j'apprends en errant sur l'intranet l'arrivée d'un nouveau stagiaire dans mon bureau. MON bureau. Horreur. Depuis un mois, je fais ma vie toute seule dans cet îlot de tranquillité à deux tables, assez proche du reste de l'équipe pour avoir le sentiment d'exister mais assez éloigné pour ne pas sentir le poids culpabilisant du regard social.

Car depuis un mois, disons-le, je fumiste un peu. Le travail se faisant rare, les collaborateurs partant en congés les uns après les autres, je me plais moi aussi à vivre un ersatz de vacances : je n'ai jamais bu autant de cafés - apport d'ailleurs inversement proportionnel à mes besoins énergétiques - au lounge du dernier étage, la moindre petite pensée inutile part en recherche Google, les pauses Facebook se sont rallongées jusqu'à atteindre une fréquence déraisonnable.

Et voilà que l'équilibre quasi feng shui de mon bureau est en passe d'être bouleversé par l'arrivée du sinistre COSTAGIAIRE. Adieu siestes inopinées du coup de barre de 15h, adieu retrait d'escarpins sitôt mis les pieds sous la table, coups de fil persos, chat Facebook en toute impunité ! From now, Big Brother is watching you.

Les angoisses arrivent en cascade : mais si c'est un énième snob en cravate ? S'il est misogyne et perso ? Ou complètement beauf ? Hypocrite ? Difforme ? Roux ? Pire : s'il n'aime pas la clim ?
Après avoir checké son profil sur un réseau social désormais allergène, le portrait se dresse inéluctablement : au secours, le profil parfait, un Sciences Po déjà dégrossi actuellement à l'Ecole du Barreau ; il va phagocyter tout mon travail. Le PacMan de la recherche juridique. Et il n'est même pas moche.

* * *

Lundi matin, 10 heures. Pas là. 11 heures, toujours pas là. Mais merde, non content de venir perturber mon équilibre vital, il est déjà en retard dans sa tâche ? Ah, des pas dans le couloir… Ça y est, il est là. (Vite, remettons notre mèche et rouvrons la fenêtre Dalloz.fr)

Et qui l'eût cru, il n'est pas ce macho pédant, vil et égoïste que j'avais imaginé. C'est un mec comme vous et moi qui parle d'apporter des binches pour l'apéro-bureau, qui espère finir sa journée à 19 heures, et qui essaie déjà de savoir qui couche avec qui au sein du cabinet. Qui parle de vacances autant que de boulot. Et qui n'est toujours pas moche.

mardi 27 juillet 2010

Juillet à Paris

En juillet à Paris, que fait-on ?
On bosse. VDM. VDM ?
En même temps, il faut avouer que rester à Paris tout l’été quand on n’a rien à faire, c’est pas forcément beaucoup plus glamour. On aurait pu aussi partir au bout du monde, mais avant d’avoir bossé ça reste parfois difficile d’en trouver les moyens. La solution, ça reste de s’arranger pour bosser dans un domaine un tantinet exotique et qui sent bon le sable chaud. Le patrimoine subaquatique haïtien, par exemple – un concept comme un autre.

En juillet à Paris, que fait-on ?
On remise son manteau d’hiver (encore en vigueur au mois de mai, rappelons-le tout de même) pour le remplacer par des sandales et autres micro-shorts. Enfin pas tout à fait non plus – on bosse, tout de même (cf. paragraphe précédent).
Conséquence directe des micro-shorts susmentionnés, on mange des salades, on prend les escaliers et on se remet aux abdos. Il faut dire aussi qu’en dehors des salades, on trouve tous les prétextes du monde pour aller se bâfrer gaiement entre potes, entre ceux qui sont en vacances mais se réjouissent de voir qu’on a enfin quitté Jouy-en-Josas, et ceux qui bossent tout autant (voire plus) que nous et se réjouissent de retrouver des compagnons d’infortune. D’où cocktails, restaurants, et par conséquent abdos et escaliers. CQFD.

En juillet à Paris, que fait-on ?
On se coupe les cheveux, car il fait chaud. Même quand on n’aime pas DU TOUT se faire couper les cheveux, les coiffeurs ayant – c’est bien connu – une furieuse tendance à couper dix centimètres quand on en demande deux. Mais voilà, même si l’été rend nos boss indulgents et nous permet de gambader au bureau en sandales et jupettes, il fait quand même moult chaud sous trois kilos de cheveux. Raiponce, tu repasseras.

En juillet à Paris, que fait-on ?
Et puis voilà, on a soudainement des idées improbables, type écrire des articles toutes les semaines sur des sujets absurdes. La chaleur, sans doute, nous monte au cerveau.

Non, sérieusement?

Dans ma vie, récemment, beaucoup de gens se sont mis à travailler. Vous aussi? Alors vous avez peut-être remarqué...

Il n'y a pas si longtemps, "travailler", dans mon vocabulaire, c'était une activité. Vous savez bien, ce truc qui prend du temps dans la journée et qui fatigue terriblement (alors qu'on n'a pas décollé de sa chaise). Un peu comme le sport, il paraît que ça permet de rester en bonne santé. Il paraît même qu'il y en a qui aiment ça. Et puis de toute façon, c'est une manière comme une autre d'occuper son temps libre, puisqu'il paraît qu'on en a beaucoup trop...

Eh bien, non, plus maintenant. Il ne s'agit plus seulement de la manière d'occuper des heures. Maintenant, "travailler", c'est un mode de vie, voire même un statut. Un peu comme le mariage. "Quoi de neuf dans ma vie? Ben, je travaille! T'es pas au courant?" "J'ai plus de vie à moi, depuis que je travaille!" "Ah non, je peux plus répondre à mes mails, tu comprends, je travaille!" Comme si au travail, on faisait autre chose que de répondre à des mails, mais passons.

En fait, je trouve qu'on se prend tous vachement au sérieux. Surtout moi. Parce que, vous l'aurez compris, ces phrases-là, c'est de moi. Je me suis mise à parler avec emphase de "mon bureau", "mon salaire", "mes tailleurs" (les fringues, ils vaut toujours mieux les avoir au pluriel), et quand j'ai pu me plaindre de "mes horaires" et "mes patrons" (ça par contre...), j'ai senti l'entourloupe. On m'avait fait croire qu'il ne s'agissait que d'une petite douzaine d'heures par jour où je serai indisponible pour boire des bières dans la piscine. La vérité vraie, c'est que 24 heures par jour, j'ai un patron et un bureau rue de C. et, 2.4 jours par mois, un salaire sur le compte n°*********.

Et comme tout ce qui m'appartient, c'est très important et ça mérite qu'on en parle deux heures tous les samedi soir. Et même, il paraît que ça intéresse les gens de savoir ça... La preuve? Recensez les quatre ou cinq premières questions qu'on vous posera la prochaine fois que vous direz "Oui, moi, je travaille!"...

En somme, c'est plutôt une bonne nouvelle pour tous les gens de mon espèce : on n'est plus les seuls à se prendre au sérieux, tout le monde peut jouer avec nous! Il suffit d'envoyer un CV à l'adresse suivante : lafindumondeen2012jpeuxpas@jetravaille.com