Parce qu’en la matière, je ne m’intéresse pas seulement au XVIIIème siècle. N’en déplaise à l’éventail rococo qui décore mon bureau.
Je n’ai jamais vraiment réussi à me décider pour une époque en particulier, en fait. Par exemple dès que je commence à m’enflammer pour le Second-Empire, un petit détour par Versailles me replonge dans une folle fascination pour Louis XIV – et en particulier ses maîtresses, sujets inépuisables de ragots, reliques et romans. Et puis dans le même coup je me découvre une curiosité pour la Rome antique (la faute à qui, on se le demande), avant de revenir fidèlement à mon grand amour de la Renaissance.
Chaque époque, chaque roi, chaque siècle a son lot d’anecdotes inutiles et géniales qui donnent envie de passer sa nuit plongée dans une encyclopédie. Les fins de dynastie, tenez, ça s’achève toujours sur trois frères. Les trois fils de Philippe le Bel – Louis X le Hutin, Philippe V, Charles IV – pour les Capétiens. Les trois fils d’Henri II – François II époux de Mary Stuart, Charles IX et sa Saint-Barthélemy, Henri III assassiné – pour les Valois. Et enfin Louis XVI, Louis XVIII et Charles X pour les Bourbons. Curieux comme l’Histoire se répète.
Curieux aussi comme elle se mélange, pour traverser les frontières des royaumes. Tous ces cousins qui s’épousent entre eux, ces Reine Victoria ou ces Napoléon qui marient leur nombreuse famille à toutes les têtes couronnées d’Europe. Assez malsain. Pourtant la plupart de ces mariages à moitié consanguins n’ont pas donné d’enfant particulièrement monstrueux. Après, c’est plutôt du côté de leur destin que ça se gâte. Prenez Sissi, Napoléon (encore lui), ou Marie-Antoinette : globalement, ça s’est mal terminé.
Et la question du jour, c’est donc pourquoi je vous parle de tout ça. Quand on se penche sur la vieille Histoire, on a un peu le pouvoir de faire revivre les morts, de faire ressurgir les ombres du passé comme s’ils vivaient toujours dans une réalité parallèle ; des acteurs dévoués, qui joueraient et rejoueraient le rôle de leur propre vie chaque fois qu’un descendant de leurs fidèles sujets s’intéresse à eux. On entend encore les parquets craquer, le tintement des cristaux d’un lustre, les chuchotements poudrés des conversations et des secrets d’Etat.
Des petits riens, certes. Mais à quoi ressemblerait aujourd’hui sans eux ?
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