J'ai toujours adoré la littérature, surtout quand elle est chiante comme du Wagner.
Pour être à mon goût, elle est doit légèrement désuète et poudrée, de préférence incompréhensible ou dérangeante. Nécessairement ancienne, pour avoir franchi le temps et les méandres de l'oubli humain. Un roman qui passe les siècles et reste dans la mémoire renferme forcément un peu de génie.
D'où : n'ont de génie que les Classiques - élargissons à un siècle d'ancienneté, pour être sympa.
Le reste ne joue pas dans la même cour.
Et puis, deux claques, coups sur coup, m'ont forcée à revoir mon jugement. Dans les deux sens.
D'abord, L'Excuse, de Julie Wolkenstein (le pitch ici). Un extraordinaire jeu de rôle et de tarot, pour littéraires victoriens aguerris. Un chef d'œuvre, une de ces œuvres que je n'oublierai pas. Paru en 2008, accueilli chaleureusement par la critique, qui connait un certain succès en librairie. Puis oublié aussi vite que dévoré.
Puis, La carte et le Territoire, de... Michel Houellebecq. Il est inutile de s'étendre sur ce qu'a écrit Houellebecq avant ce livre ; ce roman est son meilleur. Ce roman est le meilleur que j'ai lu depuis longtemps (L'Excuse mis à part - voir ci-dessus). Ce roman mérite son succès, son battage médiatique, ses polémiques. L'intrigue est sinueuse et amère, l'écriture granuleuse et agréable comme jamais l'auteur n'avait su le faire auparavant. Un livre entré dans l'histoire avant même une semaine de parution.
Je continuerai à lire de la vieille littérature, et à l'aimer chiante comme du Wagner. Mais...
(Je n'ai vraiment pas l'habitude des blog, je m'excuse donc du coté bref de mes réponses, de plus j'ignore trop s'il est dans votre dessein d'ouvrir une sorte de débat, ou simplement d'étaler ici votre vision du monde.
RépondreSupprimerAinsi vais je limiter l'emploi des mots à quelques rares remarques, et ne laissez ici, pour l'instant, que quelques brides de mes pensées, de mes idées telles qu'elles sont en cet instant. Je ne demande par cette parenthèse qu'à entendre plus de vos avis, pour ainsi modifier les miens)
L'important d'une histoire n'est pas le génie qui les rédige (n'y a-t-il pas toujours eu des génies pour rédiger de beaux textes?) mais bien l'époque qu'ils dépeignent et par dessus tout l'importance historique de celle ci.
Les "classiques", comme tu les nommes, ne sont ils pas autant de références à une politique qui, si ce n'est par ce biais, n'est décrite que par ceux qui la dirigent ?
Voila ce qui permet a une œuvre de perdurer, il lui faut être un témoignage, une marque indélébile du point de vue des peuples.
Un débat ? Volontiers !
RépondreSupprimerJe ne suis pas sûre de vouloir lire une œuvre d'un point de vue historique ; si c'est cela que le post suggère, alors je me suis mal exprimée.
Au contraire ! Libérons-nous des contextes et des situations, pour regarder une création d'un œil neuf... [teaser d'un post à venir]Je n'aime certes pas la politique ni l'histoire pour l'histoire.
Tous les hauts faits de la littérature ne font pas allusion à leur contexte ! Bénis soient ceux qui s'en détachent !
Que dire d'Oedipe Roi, de Sophocle ? Gargantua ? Madame Bovary ? Nana ? Le Petit Prince (déjà "classique")? Il est sans doute des chefs d'œuvre ancrés dans leur époque, mais chefs d'œuvre bien au delà ; il en est qui détonnent dans leur époque propre.
Sans aucun doute pour moi, si la littérature est parfois historique, ce n'est pas parce qu'elle raconte l'histoire ; c'est bien plutôt parce que l'histoire la porte et la transforme.
(tadam!)
L'Excuse : lu et approuvé.
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