J’entre dans la demeure. Une fois de plus.
Certains pourront penser que c’est un peu choquant, et même dérangeant, de retourner si souvent dans un endroit pareil. Ça n’est pas raisonnable ; si ça se savait ...
Mais je n’y peux rien : cet endroit m’attire, il me fascine. Je le repère de loin dans la rue, il est immanquable, et je regarde tous ces gens qui passent devant en essayant de ne pas trop regarder les vitrines pour ne pas se laisser tenter. Moi, au contraire, ça fait longtemps que j’ai arrêté de résister. Alors tant pis pour ce qu’on en pensera : j’entre.
A l’intérieur, c’est un paradis. Je reçois des saluts, des sourires, je me laisse séduire en frissonnant. Le seul fait d’être ici m’excite. Cet endroit est celui où je sais que tous mes désirs vont être comblés – même les plus exotiques ! À chaque étage je trouve des plaisirs différents, toujours plus intenses à mesure que je monte vers le ciel ... Il y a par exemple ce recoin à l’abri des regards où je file en premier, là où je suis sûre de trouver mon bonheur même si les alentours sont un peu modestes. Déjà, je tombe en extase, incapable de retenir le sourire qui me vient irrésistiblement aux lèvres. Des gens me surprennent ou me regardent du coin de l’œil ... Je dois les surprendre, les choquer peut-être. Tant pis. Je n’ai aucune intention de gâcher mon plaisir à cause d’eux.
Je me promène dans cette demeure de merveilles, mes yeux s’attardant sans cesse sur un nouvel objet plus alléchant que le précédent. Parfois, l’un d’eux accroche particulièrement mon regard : je m’approche alors, je le contemple, je le caresse légèrement en tentant de deviner ce qu’il essaie encore de me cacher. S’il m’intrigue trop, je m’en empare et je l’emmène avec moi. Un autre me fait de l’œil un peu plus loin ? Aucun problème, plus il y en a et mieux c’est.
Je suis capable de dépenser une fortune pour eux, pour le plaisir qu’ils m’offrent. Chaque fois que je viens là-bas, je suis partagée entre l’exaltation et la frustration de ne pas pouvoir en profiter encore davantage. Alors chaque fois, je me promets de revenir bientôt, peu importe ce qu’il m’en coûtera.
Quand je ressors je suis encore tout éblouie, et les gens qui me croisent s’interrogent sur mon regard fiévreux et mes mains tremblantes. Je suis encore ailleurs, dans cet autre monde aux mille délices. Et puis lentement, peu à peu, le rêve s’estompe en ne me laissant que quelques souvenirs exquis.
Putain, j’adore la Fnac.
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