La nuit battait son plein, et la chaleur, mon sommeil. Innoncente de rêves, je roulais ma tête et mon corps dans une immensité rouge. Seuls conscients en moi étaient mes sens. Ce monde étouffant d'enfouissement me tenait indisponible à tes subtiles caresses, alors tu entrepris de m'en tirer.
Commença la sérénade enivrante. Je ne m'éveillai pas aux premières vibrations de ton jeu. Je guettai tout juste une présence familière, une note furtive et plaintive que peut-être déjà j'avais saisie auparavant.
Comme ta présence devenait plus stridente, Soupçon jeta son manteau et se montra Souvenir. Les yeux de mon âme te virent, mes bras frémirent à la mémoire de nos anciens ébats. Depuis plusieurs nuits, tu me visitais, hardi mais prudent. Cette fois, dans ton enthousiasme, tu m'effleuras. Touchée par les ailes de ton désir, je ne pouvais plus t'ignorer : j'ouvris les yeux.
Je me risquai à faire un peu de lumière, espérant voir enfin ta silouhette. Pourtant mes murs étaient tels qu'à l'accoutumée, et mon lit restait vide. Je t'attendis dans une patiente inquiétude. Je crus t'avoir mis en fuite et replongeai dans le sommeil.
Point ne tardas à m'y rejoindre. Par trois fois, nous fîmes cette danse, bercés ensemble par ta mélodie timide. Mais ton ombre même demeurait insaisissable. N'y tenant plus, je te découvris ma gorge et me laissai manger de baisers.
Douleur! Une fois rassasié, tu volas loin de moi, me laissant épuisée et souffrante. Pas un philtre, pas un onguent pour me soulager. Tu m'avais pris mon corps et laissé la monnaie des cruels.
Visiteur impudent, je me fais cette promesse : lorsque tu me réclameras ce soir, je saurai reconnaître ton chant, et te répondrai "Moustique, montre toi si tu es un homme!"
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