mardi 26 juillet 2011

Good morning sunshine

Depuis que j’ai fait l’acquisition de mon Blackberry, j’ai développé un nouveau petit rituel au réveil : chaque matin, dès que je me lève, j’y jette un œil et je me reconnecte au monde. La grande différence avec mes portables précédents étant que dorénavant, je n’ai plus seulement accès à mes textos mais aussi à mes mails, à Facebook, Twitter et toutes ces indispensables conneries.

Et dans ce que mon Blackberry a à m’annoncer chaque matin, on trouve un peu de tout :

-          D’abord, je reçois tous les matins un « texto biblique ». Citation de je ne sais quel texte religieux, 90% du temps oublié juste après sa lecture, mais qui réserve parfois des surprises. Comme un petit « Déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis » ou un « Tiens bon et soit fort. Il ne te lâchera pas, il ne t’abandonnera pas » un matin où, justement, j’avais envie de mourir ou de tuer quelqu’un. Ou encore mon préféré : « Avec le vin ne fais pas le brave, car le vin a perdu bien des gens », joliment de circonstance un vendredi matin.
-          Ça peut aussi être un message sur Facebook pour organiser la soirée qui vient
-          Ou un petit twit qui me rappelle que deux de mes fidèles correspondantes du bout du monde sont déjà debout depuis 6 bonnes heures
-          Ou un nouvel article sur Microclimats
-          Ou le seul groupe de rock que je suis qui m’informe qu’ils vont encore faire un concert, mais encore à une date qui ne m’arrange pas du tout
-          Ou mon site de fanfictions qui m’informe qu’un de mes auteurs préférés a écrit un nouveau chapitre ou bien, ô joie ô merveille, qu’un de mes lecteurs a bien aimé mes histoires.
-          Ou une collègue au cours de mon dernier stage qui, levée tôt, s’est aperçue que j’avais sérieusement planté un truc et qui faudra penser à arranger ça dès que j’arriverai au Burö.
-          Ou la même fille qui, après ledit stage, me propose de me faire une lettre de recommandation, et puis me demande si pour mes vacances je vais avoir besoin d’un sac à dos parce qu’elle peut m’en prêter un au cas où.
-          Ou un fort charmant jeune homme qui a accepté ma friend request sur Facebook, à ma grande satisfaction. Je pouvais déjà voir ses photos mais tout de même, c’est plus sérieux comme ça.
-          Ou quelqu’un qui a eu un cancer.
-          Ou Amazon, navré de m’apprendre qu’en fait je vais devoir attendre deux semaines de plus pour recevoir mon bouquin qui n’est pas en stock.
-          Ou une nouvelle adepte du Trône de Fer, qui m’écrit offusquée par la scène où *** a *** avec *** et *** les a vus.
-          Ou une nouvelle promo sur Voyage-Sncf.com/Singapour Airlines/Bouygues Telecom
-          Ou un type BASURDE qui veut m’ajouter sur Google +
-          Ou un texto inattendu de quelqu’un qu’on ne croyait pas en France


Bref, mon Blackberry le matin, c’est un peu la boîte de Pandore. Ou comme une boîte de chocolat, pour plagier Forrest Gump. On ne sait jamais sur quoi on va tomber.

Une péripétie



Un ami de mes parents est mort hier.

Pas forcement proche, pas forcement un très bon ami ; juste un père de famille, la cinquantaine.
Pas suffisamment proche pour que j'aie suivi en détail l'avancée du cancer, la rechute, les dernières semaines où l'on sait déjà. Juste une info de temps en temps, "ah, au fait, Pascal a été hospitalisé".

Un fait, indépendant de nos vies à nous, presque comme un personnage de roman dont on suit les péripéties.

Comme la mort d'Amy Winehouse, que j'ai lue sur Internet, que j'ai apprise comme j'avais appris la mort de ce personnage du Trône de Fer, à cinq minutes d'intervalle. Elle, overdose, lui, décapité.
Lui, cancer.

Juste un rebondissement dans l'histoire, à classer avec les mariages, les découvertes de filiations cachées ou les accidents de voiture.


Avec une famille  ravagée en plus. En vrai.

mardi 12 juillet 2011

Toute la musique que je j'aime...

Il y avait un film - l'homme de ma vie m'en parle régulièrement, mais j'oublie le nom régulièrement - où le héros range les périodes de sa vie suivant la musique qu'il écoutait à l'époque.
J'ai entamé mon 5ème mois de Chine, et voilà les musiques qui pour toujours, seront associées à Pékin dans mon esprit :

Britney Spears, Femme Fatale ; Far East Mouvement, Like a G6.
C'est l'hiver à Pékin, il fait un froid insoutenable. Le manteau que j'ai apporté de France ne suffit pas à couper le vent. Il fait nuit tôt, et je rencontre mes premiers amis étrangers dans des bars, en buvant mes premières Tsing Tao. Femme Fatale est un album sale, la musique est nasty. C'est sans aucun doute une musique qui dit : Fais la fête pour survivre. Like a G6 passe en boucle dans les clubs bondés. Shots de tequilas avec mes collocs chinoises.

Alex Beaupain, Les Chansons d'Amour ; André Manouquian, So in Love.
Il fait toujours froid, mais je m'habitue à la ville, à ses habitants. Je n'arrive pas à gérer la distance, je garde peu de contacts avec Paris. La France me manque. Je teste mon premier vin chinois, j'achète des Vaches qui rit comme ersatz de fromage. J'écoute Les Chansons d'Amour en boucle, et je regarde le film quatre fois d'affilée. Forcément, je pleure. Les français quittent Pékin les uns après les autres. Le printemps se dessine.

Amy Whinehouse, Frank ; Emilie Simon, Dame de Lotus ; Les BB Brunes, sélection.
Un très court printemps, deux semaines, trois peut-être. Le soleil est doux et l'on va à la plage, on fait des barbecue. J'essaye de faire écouter un peu de musique française aux étrangers, ils tombent amoureux d'Emilie Simon. Je prépare l'arrivée du boyfriend, je commence seulement à apprendre quelques mots de chinois. Yuo guai, zuo guai. Les BB Brunes me rappellent le lycée.

Oh La La, Oh La La ; Les Brigitte, Et vous tu m'aimes ?.
Le boyfriend est arrivé et a apporté avec lui deux albums français. Je les écoute en marchant jusqu'au bureau. La chaleur est étouffante. Je suis en paix avec Pékin, Paris, mes amis. La reprise de Ma Bentz par les Brigitte est trop sexuelle pour cette chaleur ; mais Oh La La me rappelle combien j'aime Paris. Oh La La incarne Paris, une soirée dans un bar, un verre de bon vin. Nous mangeons beaucoup de tofu épicé, et la Tiger coule à flot. Je sens venir la fin.

Britney Spears, Femme Fatale.
Le prochain stagiaire arrive demain, et je pars dans 33 jours. Je retourne à mes premières amours. Etrangement, Femme Fatale est moins nasty, écouté en été. Till the world ends sent toujours la sueur des clubs, mais les soirées sont plus joyeuses, presque nostalgiques. Comme si Britney s'était débarrassée de ses démons. Danser pour vivre, et non plus pour survivre.

jeudi 7 juillet 2011

Comment j'aurais pu devenir un gros macho, et en fait non.

L'affaire DSK nous a flingué le cerveau, ses accusatrices créent la polémique, ses défenseurs nous font saigner les oreilles à coup d'offenses à la raison, toussa. On en aurait presque marre de vouloir croire à l'égalité, au statut des femmes. Bof bof. Ca serait beaucoup plus simple si on était des gros machos.
On n'a qu'à s'en foutre, un peu, non ?
Ca me paraissait pas mal comme solution.


Et puis, j'ai regardé Sucker Punch.
L'homme qui partage ma vie m'avait convaincue de faire preuve d'un peu d'humour, et de regarder des meufs bonnes en minijupes mitrailler des dragons. (ça aurait pu marcher - rapport au fait que j'aime bien les meufs bonnes, quand même)

Sauf que des couettes blondes et un bout de nombril, les mecs, Britney l'avait fait il y a 10 ans.

Mais Sucker Punch n'est même pas un navet. C'est pire.

Intrigue (si tant est qu'on puisse appeler ça une intrigue) : 
Une orpheline se fait emmener par son père dans un hôpital psychiatrique pour qu'ils la lobotomisent (ambiance glauque, pas très loin de Saw). Elle a 5 jours à patienter avant l'opération. Pour survivre, elle s'invente un monde où l'hôpital est un cabaret et ses potes sont des prostituées maltraitées (ambiance Chicago et Moulin Rouge). Là, elles survivent grâce à leurs talents de danseuses. Elles planifient leur évasion. D'ailleurs, pendant que l'héroïne danse, elles se retrouvent toutes ensemble dans un monde où elles combattent des dragons, des robots et/ou des Poilus allemands zombies (ambiance jeu vidéo).

J'ai rien contre les filles en culotte. Mais je préfère quand elles sont consentantes.

Vous trouvez que mon résumé du scénario est pas très clair ? C'est pas clair dans le film non plus.
Ca a l'air stupide et misogyne ? Ca l'est dans le film aussi.

Heureusement, l'héroine a toujours la bouche ouverte pour bien rappeler qu'elle est sexy.

Ca vous choque de voir qu'on peut associer les codes du fantasme à des scènes d'humiliation, de menace de viol, de torture et de meurtre, tout en faisant passer ça pour de la rébellion féminine ?

Là, elle se fait attaquer par son père. Mais heureusement, au lieu de se rebeller dans la vraie vie, elle s'invente un autre monde. Un monde où elle est prostituée. C'est ça, la force de l'esprit de la femme.


Bref, au début, j'ai cru que j'allais m'endormir. Puis j'ai cru que j'allais mourir tellement l'esthétique est ridicule. Puis j'ai cru que j'allais vomir, tellement ce que les présupposés derrière l'intrigue et les personnages sont pervers et misogynes.

Puis j'ai su que je serais jamais un gros macho, et que je pourrai jamais m'en foutre, de la place de la femme, toussa.