mardi 31 mai 2011

Mr. Darcy

Ou l’Amour vu par Jane Austen.


Je viens de finir, avec Mansfield Park, de regarder les six films inspirés des romans de Jane Austen. 
Pardon : des romans de la Grande Prêtresse Intersidérale du Romantisme en Robes Empire.

Et, comme à chaque fois que je regarde l’un de ces films, j’en sors hébétée, un peu incrédule en surface, mais dans le fond profondément convaincu qu’un prince charmant sur son cheval blanc m’attend au coin de la rue. C’est l’effet Mr. Darcy.


(oui, bien sûr que j’ai un dossier « Darcy » sur mon ordinateur)

Effet Darcy, Willoughby, Edmund ou Frederick Wentworth : le concept reste le même, celui d’un jeune homme tombant passionnément amoureux d’une jeune fille dans la bonne société anglaise du XIXème siècle. Un scénario qui, a priori, ne casserait pas trois pattes à un canard – d’autant plus que c’est six fois la même chose. Sauf que, magie de Jane Austen et effet Mr. Darcy, on ne s’en lasse pas.

Deux cents ans plus tard, plus personne n’oserait imaginer et écrire une histoire où un homme tombe amoureux d’une femme après l’avoir simplement côtoyée pendant quelques semaines. Sans jamais l’embrasser, sans jamais la voir autrement vêtue qu’avec la plus stricte modestie (clairement, on ne fait pas plus informe qu’une robe Empire). Sans que la jeune fille se distingue par une beauté époustouflante, une fortune remarquable ou un talent de séduction particulier. Ne parlons pas des bals, où les danseurs se tiennent à peu près à la même distance que des collégiens pendant un slow.

Simplement en vivant à ses côtés, en lui parlant, en croisant son regard, tomber amoureux comme jamais, en perdre la raison, être prêt à tout quitter pour l’épouser. Trouver assez de perfection dans la personnalité de l’autre pour vouloir vivre à ses côtés jusqu’à la fin de ses jours (au fin fond de la campagne anglaise, qui plus est).

Hallucinant. Basurde. Improbable. Ridicule. Délirant. Nonsense.
Jane, dans quel monde vis-tu ?!

Je peux venir ?

Du LOL en barre

Je réfléchis trop, dernièrement. Je poste trop sur ce blog ; je remets tout en cause. Je débats avec Scarlett, avec Lo, du sens de la vie, de l'existence de Dieu, de la pérennité des relations humaines, de la couleur des manucures.

Je réfléchis trop, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue. Et dans ces moments-là, il n'y a qu'une chose qui me sauve. Pas l'Haagen Dazs à la noix de Macadamia, pas la saison 2 de Glee (un peu, quand même).

Le LOL. Les memes Internet. Les vidéos de chatons qui éternuent et les détournements graveleux de Star Wars ou d'Harry Potter. Les photomontages d'Obama ; les gifs impliquant 50 Keanu Rieves et une bande son insoutenable. Aucun sens, aucun but, juste du pur délire.

Certains vont me dire : Mer tu et fou ; mais c'est ma passion secrète, mon obsession honteuse. Et ça marche : rire de You've gotta be kitten me permet de mieux dormir la nuit sans trop penser à la vie après la mort.




Enkuler de rire.


jeudi 19 mai 2011

Ma volonté, c'est les autres

Je crois que je peux le dire, j'aime bien être seule. Du moins, je m'habitue.
Mais être seule, c'est trop demander à ma force d'esprit : je plie sous le poids des responsabilités.


Je me suis rendue compte récemment que je ne suis civilisée qu'en présence d'autres humains. Il est si facile de se laisser aller quand personne n'est là pour réclamer des comptes. Passer la journée au lit, ne pas travailler, ne pas ranger. Ne pas sortir de l'appartement de la journée, puis de la journée d'après, puis de la journée d'après. Quand il n'y a personne d'autre que soi, vivre correctement est un véritable défi de la volonté. Et moi, je ne suis qu'une plante fragile, et ma tige est molle : je m'effondre si l'on me retire mes tuteurs, mon entourage.

J'ai un pensée pour les personnes qui vivent seules, véritablement seules. Qui n'ont personne à qui téléphoner, personne à visiter. Pas de hiérarchie, pas d'entourage. Rien qui les pousse à sortir, à se nourrir, à s'habiller le matin.

La volonté, c'est les autres. Autrui est un très bon anti-procrastinateur.

Et devient-on adulte à partir du moment où l'on est capable de se gérer seul, sans l'aide de ces tuteurs ? Ou bien peut-être, n'est-ce qu'un question de caractère ? Il se pourrait que certains caractères soient améliorables, au cours du temps, mais restent toujours des plantes sans véritables tiges. J'aimerais pouvoir dire qu'à mon âge, enfin, je suis adulte. Mais il devient clair que non, sans contacts humains, je ne sais pas me gérer.
Alors que faire, attendre ? Ou bien se lancer dans la vie adulte quand même ?

Prendre le risque de foutre en l'air des choses de plus en plus importantes, si l'on échoue ? Est-ce qu'avoir un enfant responsabilise soudainement assez pour nous aider à s'occuper de lui ? Est-ce qu'un enfant est un fruit lourd de plus, qui fait plier la tige, ou bien est-ce un tuteur supplémentaire ? Faut-il attendre d'avoir les pieds bien droits dans ses bottes, les pieds sur terre, pour s'engager ?

Je me laisse un an pour décider.

mercredi 4 mai 2011

Ne pas remettre à demain...

Je voulais écrire sur quelque chose de léger, et puis je suis tombée sur cet article, parlant du déni de grossesse et des bébés congelés. Affreuse dénomination pour un phénomène affreux, incompris. On y parle de Véronique Courjault, cette mère de famille condamnée, et aussi de la jeune femme de 26 ans dont a un retrouvé un bébé, congelé, il y a deux jours.

On y parle de femmes qui se retrouvent dans une situation qui ne les arrange pas : une grossesse, et qui décident, inconsciemment, de ne pas en prendre conscience.
Pas besoin d'être dans une grande misère sociale ou affective ; il suffit de se sortir tout ça de la tête, définitivement, retirer cela de son esprit. Aussi simple, aussi bête.

Mais ce qui m'a profondément dérangée, c'est la description qu'en font les médecins (dans l'article en question, mais aussi ailleurs). Ce sont des femmes, disent-ils, qui procrastinent en permanence, au quotidien. Qui sont engluées dans le quotidien, qui ne voient que ce qu'elles veulent voir. Qui écartent de leur esprit ce qui les dérange - parce que c'est plus simple.

Ce qui m'a terrifiée quand je me suis penchée sur cette question, c'est que c'était une parfaite description de la manière dont je fonctionne.
Procrastiner sur de très longues durées, sur des choses graves, sur des relations sociales importantes. Des examens médicaux (1 an), une réponse pour le mariage d'amis (4 mois)... C'est que je vis au quotidien sans m'occuper des choses qui me dérangent ou me font peur. Parce que c'est plus simple. Et souvent, j'oublie, sincèrement, inconsciemment.


Jour après jour, la situation s'aggrave, et je ne trouve plus la force - passé un moment - pour prendre les choses en main si je ne l'ai pas fait dans les premiers jours. Alors je laisse traîner, jusqu'au moment où la réalité me force à remettre les pieds sur Terre, la plupart du temps lorsque le problème est déjà advenu.

Je ne dis pas que je puisse être capable, un jour, de tuer un bébé après 9 mois de déni de grossesse. Je dis seulement que je sais que c'est possible, et que je sais de quel caractère cela vient. Le même caractère que le mien.