vendredi 25 février 2011
De la valeur d'une dispute
Il y a à cela plusieurs raisons :
- D’abord, comme je suis à la base convaincue d’avoir raison, je n’ai pas du tout envie qu’on me démontre que j’ai tort et de finir par avoir le dessous. Donc, au cas où, évitons le débat.
- Une autre raison, bien plus majeure celle-là, est mon obsession de la mort et de la disparition. Quand je quitte quelqu’un, j’ai toujours au fond de mon esprit une petite voix qui me rappelle que cette personne va peut-être se faire renverser par une voiture dans dix minutes, mourir, et que je ne la reverrai jamais. Ou alors juste partir et disparaître pendant six mois au bout du monde, mais six mois ça reste long, et le bout du monde ça reste loin. Du coup, je ne supporte pas l’idée de quitter quelqu’un en étant fâchés. On ne sait jamais ce qui peut arriver donc, au cas où, évitons l’animosité.
- Pour être plus honnête, je devrais plutôt reconnaître que ma raison première est que j’ai besoin d’être perçue comme une fille sympa, pas chiante, qui ne va pas emmerder les gens en mettant sur le tapis des questions potentiellement sources d’engueulades. Plutôt que de passer pour quelqu’un de relou, je préfère garder mes idées pour moi et ne pas trop contredire mon entourage. Tu parles, je souris (© PP.).
- Et puis de toute façon, les sujets de dispute sont globalement toujours d’une trivialité aberrante (cuissons des pâtes, élections régionales, etc.), d’où leur inutilité et leur ridicule à mes yeux. D’ailleurs après une dispute, on est censé prendre un air incompris et blasé devant tant d’ingratitude de la race humaine. Mais comme je repense toujours à l’absurdité de la dispute, je n’arrive jamais à garder mon sérieux et j’éclate de rire au bout de 2 minutes, ce qui nuit beaucoup à ma crédibilité.
Mais peut-être que j’ai tort. Peut-être – sans doute – qu’une dispute, c’est parfois vraiment nécessaire. Peut-être que c’est vraiment important de dire ce qu’on a à dire, d’exprimer ce qu’on a sur le cœur, ce qui compte véritablement. Peut-être que ça vaut nettement mieux, au final, que de tout garder pour soi et de finir par imploser à force de non-dits sacrifiés au sacro-saint arrangement. Peut-être que ça n’a rien de ridicule, et que c’est moi qui suis sotte de ne pas voir la vraie valeur de ce dont on est en train de débattre.
J’ai toujours été en faveur du « compromis à tout prix – et d’ailleurs ça n’est pas si grave, ça n’en vaut pas la peine ». Pourtant, Dieu sait s’il y a quelques personnes à qui j’aimerais tant dire mes quatre vérités agrémentées d’une bonne baffe, quitte à me prendre la pareille en retour et casser beaucoup de porcelaine mais, merde à la fin ! que ce soit dit, que ce soit fait.
Il va falloir que je médite là-dessus à l’avenir. Pourtant, même si je commence à comprendre le bien-fondé de la dispute, il y a tout de même une chose dont je reste convaincue.
(Et là, d’ailleurs, j’ai presque envie de préciser que ce n’est qu’une conviction personnelle juste un avis on peut en parler si vous voulez si vous êtes pas d’accord c’est pas grave je deviendrai d’accord avec vous. Mais merde à la fin).
Il y a, disais-je, une chose dont je reste convaincue. C’est que rester fâché avec quelqu’un, y a rien de plus con. Ça ne sert à rien, ça n’est jamais une solution intelligente, ça n’en vaut que très rarement la peine et globalement on ne sait jamais, la personne (ou nous-mêmes) va peut-être mourir/disparaître incessamment, donc merde à la fin, arrêtons nos conneries. Ah, mais.
jeudi 24 février 2011
Les dessous de Microclimats
C'était l'hiver, et ma choppe de l'époque m'avait invitée au restaurant chinois. Nous remontions en voiture, le copain, Scarlett et moi-même, du restaurant vers un campus bien connu de nos services. Scarlett était venue nous chercher en voiture, car ce chemin est très désagréable à faire autrement qu'en voiture, surtout l'hiver. Et c'était l'hiver.
Sur ce campus, donc, il fait bien froid. Mais nous étions plusieurs - des demoiselles - à savoir nous amuser. Rencontrer des gens, boire des coups, danser, se déguiser, monter sur les bars, ambiancer, mettre sa langue dans d'autres bouches, coucher, sans vergogne, parfois, souvent. Tripper, quoi.
On disait de nous beaucoup de bien, et/ou beaucoup de mal.
Mais,
Dans la voiture, il y avait une musique absurde qui nous avait fait chanter, bouger, tripper. On avait bien ambiancé la voiture. Et au moment de sortir, on avait bien oublié que c'était l'hiver sur le campus ; et quelqu'un a dit qu'il faudrait ambiancer le campus comme on avait ambiancé la voiture, ...réchauffer le campus.
Le copain a déclaré : "Les filles, vous êtes les microclimats du Plateau de S*****, les filles qui réchauffent l'ambiance du campus par ce froid de gueux."
C'est resté, bien sûr, "les microclimats". Et le copain, je l'ai gardé aussi, dans le doute.
Mais depuis, il arrive, quand on boit des coups en l'honneur du chaud et du froid, des perles et de la tequila, des porte-jarretelles en dentelle, des manucures et du pole-dance, il arrive qu'on lève nos verres et qu'on crie "Microclimats", pour se rappeler < cliché > qu'on est ensemble .
Et ça me fait toujours sourire quand je grimpe dans la voiture de Scarlett.
Je suis un gros macho
Vazy j'avais même pas de vernis ce jour làMais pourtant, aujourd’hui, je n’arrive plus à dire que je suis féministe. Comprenons nous bien : les inégalités de traitement entre hommes et femmes c’est du caca, je le pense toujours hein. Seulement, je me suis rendue compte que j’étais une féministe en carton. Pire que ça, je suis le pire des machos.
En fait je suis juste très énervée de ne pas, à cause de ma seule condition de femme, avoir les mêmes opportunités que les hommes. Et plus ça va, moins j’ai l’impression qu’on peut y faire quelque chose. Pendant que les différents courants féministes s’amusent à se contredire, rien ne change, c’est fatigant. Rage, désespoir, toussa.
Fin bon, moi ça ne me concerne plus trop. Après tout, je suis un macho.
mercredi 23 février 2011
Nouvelle-Calédonie, l’envers de la carte postale ?
La tête en bas, à 20 000 kilomètres du barycentre de nos cinq plumes respectives, je crois qu’il est temps de parler un peu du territoire calédonien. A vrai dire je ne sais même pas comment il faut qualifier l’archipel : ça n’est pas un DOM, ça n’est pas un TOM non plus, ni même un POM... L’hésitation de l’Etat français pour la dénomination-même du statut outre-mer de la Calédonie traduit bien le sentiment que le Zoreille (le métropolitain) éprouve au bout de quelques jours : ici, c’est pas la France.
Au départ, c’est parti d’une plaisanterie. « Fait chier cette obligation de stage à l’étranger ! Allez je postule en Calédonie. Au moins on y parle français. En plus je pourrai y passer mon permis ». J’avoue sans honte avoir choisi pour la carte postale, le sable blanc, les 300 jours d’ensoleillement par an.
vendredi 18 février 2011
Le coeur, le corps, l'âme et l'esprit
Mon coeur résiste, ne veut pas abandonner sa vie en France, mon âme attend de voir cette toute nouvelle culture, mon esprit s'enorgueillit, à l'avance, d'être capable de partir.
Mais c'est bien mon corps qui crie le plus fort, de mes quatres vies.
Mon corps me demande, incessament, de ne pas partir. Une grippe, un rhume, des boutons de fièvre, des palpitations, des tremblements, des poussées allergiques effrayantes.... c'est beaucoup pour deux jours.
Est-ce que c'est un message sérieux ? Est-ce que c'est dans nos réactions physiques que se situe le siège de nos inconscient ? Amusant, n'est-ce pas, que ce soit par le corps - la moins expressive de nos vies, normalement - que s'expriment nos sentiments les moins faciles à discerner.
J'ai décidé de ne pas écouter mon corps ; et je soigne mes petites maladies en faisant contre mauvaise fortune bon coeur. Parce que j'ai la conviction que la force d'esprit, la résistance du coeur, la fierté de l'âme ne se reçoivent pas, mais se travaillent.
lundi 7 février 2011
Qu’est-ce qui rend les gens beaux ?
Qu’est-ce qui fait que l’on décrète qu’une personne est belle ou non ?
Cette question me vient de mon côté écrivain. Comment faire comprendre au lecteur à quel point tel personnage est magnifique ? Dire qu’il est grand, fort, qu’il a les yeux bleus et les cheveux sombre, qu’elle est vraiment bien foutue (pute), que toutes les têtes se tournent vers eux, ça ne suffit pas. Ça ne permet pas de les visualiser. Adopter le langage classique de La Princesse de Clèves ou de Jane Austen, expliquer qu’ils sont « admirablement bien faits », « parfaits pour l’esprit et pour le corps », « de bonne mine », « un chef d’œuvre de la nature », « d’une valeur incomparable et d’un agrément jamais vu », ou encore que « tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient plein de grâce et de charmes », je ne sais pas pour vous, mais ça ne m’évoque rien de précis.
Qu’est-ce que ça veut dire, finalement, d’avoir des traits réguliers, ou des traits fins, ou un visage harmonieux, ou une allure gracieuse ? Concrètement, comment est-ce que ça se traduit ? Est-ce que la beauté ne va pas plus loin ?
[Note pour Scarlett : non non, je ne suis pas en train de dériver sur le concept de la beauté non-classique et non-canonique, non non, je nie en bloc de champagne.]
Les belles plantes
Waaah ça parle de féminisme, et de quotas, et de la boîte où je veux travailler qui vient enfin de m'envoyer un mail qui faut que je réponde que chui trop stressée et trop contente!
Je prends juste deux minutes pour débriefer, parce que ça pourrait me concerner indirectement dans plusieurs années. Herr Ackermann, donc, déplore qu'il n'y ait pas plus (ou pas du tout) de femmes à de hauts postes de direction dans sa banque. C'est vrai, c'est dommage, d'ailleurs on essaie de faire évoluer la situation et ça prend du temps, tout ça c'est pas nouveau. C'est la manière de dire qui choque : les femmes, ça fait des couleurs dans les coins et c'est plus joli avec que sans.
L'argument réac de base sera : "tu m'as prise pour une plante verte, c***d?" et j'avoue que j'ai un peu tilté aussi. Et puis je me suis dit que c'était sans doute pas un gros con, ou en tout cas que quand on est le patron d'une énorme boîte internationale, on a appris un peu à pas dire des conneries sexistes au micro.
Et si tout simplement c'était un compliment et une remarque de bonne foi, qui va exactement dans le bon sens? Dans l'esprit de ce monsieur, qui est entouré de mecs en costume noir et chemise blanche, les femmes sont plus colorées avec leurs chemisiers verts et leurs ongles roses. Non seulement ce n'est pas choquant, mais nous avons déjà fait cette observation ici-même, grâce à l'Astre. Admettons juste que Monsieur Ackermann a une vision très classique des femmes, qui sont plutôt plus souvent que les hommes qualifiées de "jolies".
Allons jusqu'à dire que c'était sans doute une boutade qu'on peut se permettre entre gens intelligents qui ont tous bien compris que les femmes sont aussi capables que les hommes de siéger dans un comité exécutif. "Oui Mesdames, je sais que vous êtes intelligentes et méritantes, et je me permets d'ajouter que je vous trouve jolies et que j'ai plaisir à votre présence." Perso, je ne vois pas ça comme une insulte.