vendredi 26 novembre 2010

Choppo ergo sum

Les mecs de mon lycée ont dû me ranger dans la catégorie « Sans intérêt » dès la 6ème et jusqu’à la fin de la prépa – en tout cas, aucun ne m’a accordé beaucoup d’attention. Moi, pas rancunière, je suis tombée follement amoureuse de quelques uns d’entre eux au fil des ans, que j’ai passé des mois à dévorer du regard sans jamais oser les approcher sérieusement.

Fru- fru- frustration ...


Puis, par un beau jour de fin d’été, vint la rentrée à HEC. Le WEI, etc., on connaît la suite.

mercredi 24 novembre 2010

Dignitas, dignitatis

Mon patron - qui me regarde me concentrer sur mon boulot en ce moment-même - a une vision de la vie que j'ai mis très longtemps à comprendre.
Il prône la retenue. La simplicité, l'humilité, la discrétion.


Autant me parler chinois.


La retenue, j'en avais déjà entendu parler.
On avait tenté de me convaincre que les jeunes filles pures sont la beauté du monde, que le piédestal de la femme c'est bien et qu'on ne doit pas dire Caca quand on a une chatoune. D'ailleurs, on ne dit pas chatoune non plus, pardon. Qu'il faut respecter son corps et son esprit, ne pas s'avilir en regardant du porno ou rire fort au théâtre pour se faire remarquer. Que les chemisiers transparents, c'est avilissant.


J'avais ri et j'avais continué de porter des chemisiers transparents.
J'ai toujours défendu que chacun pouvait faire exactement ce qu'il voulait - dans la mesure du respect et de la légalité (oui, je suis comme ça). Chemisiers transparents, alcool & coucheries, transformations physiques en tous genres et provoc. J'ai envie et je le fais, j'emmerde les gens, mon papa et ma maman, et je dis caca aux gens dans la rue. Parce que je suis libre.


Et puis, comme ce type - le patron - est loin d'être stupide, et il n'exprime aucune idée à laquelle il ait réfléchi moins de plusieurs années, je me suis quand même posé la question.
Je crois que j'ai compris ce qu'il voulait dire, et j'en ai déduis qu'il devait être vachement plus heureux que moi. [Et c'est là que ça va être compliqué à expliquer.]



Peut-être qu'on peut être plus libre en n'agissant pas toujours dans le sens de notre liberté.
Peut-être que la retenue est moins facile que l'exubérance, et qu'elle rend plus libre. Peut-être que c'est pas très malin, l'excès. Peut-être les chemisiers transparents, c'est bien pour s'affirmer à 15 ans, et qu'à 22 ans, il y a des moyens plus fins de s'affirmer.
La retenue.



< blague > Comme porter des chemisiers transparents à 500€ ?< / blague >

vendredi 19 novembre 2010

Coming-in

Je crois que c'est vers 17 ans que j'ai commencé à aimer les femmes.
Je rêvais de faire l'amour avec une femme, des seins, une chatoune. Des cheveux longs, une peau douce.

Quand c'est arrivé, Dieu a vu que c'était bon, et qu'il fallait recommencer.
La peau douce et les seins, surtout.
C'est comme ça que je suis devenue bisexuelle.

*

En réalité, je n'ai jamais été bisexuelle - contrairement à ce que dit la phrase précédente.
Je ne suis jamais tombée amoureuse d'une femme ; et je n'ai jamais pu avoir une relation du type "sortir avec". J'étais une sorte de gros salaud, un Don Juan. Et ça, c'était cool ; même si j'essayais de ne pas faire de mal aux gens.
J'ai connu quelques femmes, certaines belles et d'autres non, certains butchy et d'autre fems. Je me suis glissée avec délectation dans la culture gay, avec leurs revendications et leurs attitudes. Je suis devenue plus gay-friendly que pas mal de lesbiennes et d'homos.


Et puis, c'est parti.
Aujourd'hui, je voudrais faire mon coming-in.

Je ne suis plus bisexuelle.
Je ne regarde plus les femmes comme les hommes dans la rue.
Je ne fantasme plus sur les gros seins.
Je n'ai plus envie d'une femme.
Je ne veux pas savoir si c'était une passade d'adolescente, si c'est parce que je suis réellement amoureuse d'un homme, ou quoique ce soit d'autre.
J'ai gardé la culture, j'ai gardé la faim de liberté et reconnaissance.
J'ai gardé les souvenirs.

Mais... Papa, Maman, je suis hétéro.

lundi 8 novembre 2010

La phrase glamour du mois

"Mettez un string jetable, allongez-vous sur le ventre et écartez un peu les jambes".

Sous-entendu implicite : "je vais vous enduire d'huile pendant quarante-cinq minutes".


Troublant.
J'ai rarement vu quarante-cinq minutes passer si vite.
Je recommande particulièrement le massage des mains et de la voûte plantaire.

jeudi 4 novembre 2010

Rituels vespéraux

Je crois que les différentes périodes de ma vie (au delà de 13ans, s'entend) se reconnaissent dans certains éléments, qui évoluent avec moi. Au choix : ma paire de chaussures préférée, la copine avec qui je passe mes journées, le mec à qui je pense dès que je ferme les yeux...

Ce soir, vu qu'il est 23h19 et que j'arrive pas à aller me coucher, je vous présente la thématique "rituel du soir".

De 13 à 15 ans : finir mes devoirs, que j'ai consciencieusement repoussés jusqu'à très tard (i.e. 21h environ); me battre avec mes parents pour avoir le droit de regarder Buffy contre les vampires, comme Céline, la moche bizarre de la classe qui a trois télés chez elle; me laver le visage avec un savon de pharmacie format famille nombreuse pour moi toute seule et mettre trois crèmes différentes selon la taille, la couleur et le caractère de mes boutons (surtout celui sur le menton); passer dans mes bagues la petite brosse à trois poils spécial Via ferrata; lire au lit le troisième tome d'Harry Potter (pour la deuxième fois); éteindre à 22h30; m'endormir en pensant à mon nouveau pull en grosse laine violette que je pourrai mettre à l'école demain.

De 15 à 16ans : quitter le diner en hurlant sur mes parents qui évoquent une certaine note de téléphone; appeler mon mec pour lui raconter; raccrocher quand même pour me laver les dents et les boutons, puis rappeler; poser le téléphone pour enfiler mon pyjama à nounours offert par Maman avec toutes ses meilleures intentions; prendre la pilule; téléphoner un peu jusqu'à épuisement des sujets de conversation; attendre anxieusement trois textos à base de "bon nuit ma cherie ke j'aim big bisoux t létoil de ma vie"; rallumer la lumière pour les recopier dans mon journal intime parce que j'ai plus de place dans la mémoire de mon Nokia 3310; dormir parce que demain y a oral blanc du bac de français.

De 16 à 18ans : dire à ma mère que je vais à la nocturne du Louvre; me maquiller comme une voiture volée pour avoir l'avoir majeure; rejoindre mes copines devant le Duplex à minuit; étouffer dans la fumée de cigarette qui remplit la boîte; me faire pincer les fesses par des mecs inconnus et bourrés; découvrir que les talons toute la nuit, ça fait mal aux pieds; dormir en douce chez ma grand-mère; mourir en cours de latin le samedi matin.

De 18 à 20ans : fuir le dîner hyper-calorique des bonnes sœurs de Neuilly pour aller l'expier à la piscine; retourner à la bibli jusqu'à 22h, heure de fermeture; rentrer à pied avec 7kg de bouquins et d'ordi dans les bras; me laver le visage et les dents en regardant un épisode de Desperate Housewives (saison 2); prendre la pilule mais penser à arrêter parce que ça fait grossir; faire 15min d'abdos-fessiers en maudissant l'IMC de ma colloc asiatique; apprendre par cœur la chronologie des dictatures communistes d'Amérique latine; éteindre à minuit et demi; compter le nombre de calories et d'heures de travail de la journée; dormir comme une masse.

De 20 à 22ans : commencer à boire quand le soleil se couche; me déguiser en pute; fumer huit clopes; écouter Lady Gaga; prendre la pilule, deux cachets de caféine, un shot de Tequila et 3 euros; foutre en l'air mes chaussures dans la boue; boire et fumer beaucoup; me prendre une bière volante dans la gueule; voler un gourdin en plastique; me faire pincer les fesses par des mecs connus et bourrés; passer derrière le bar; y trouver un mec prêt à me suivre dans ma chambre; y trouver un pote endormi par terre; oublier la suite; m'en souvenir le lendemain en trouvant une carte d'étudiant qui n'est pas à moi; manger des pâtes chinoises.

Et maintenant : décommander un dîner entre potes pour finir des photocopies; rentrer à 22h30; retirer mon tailleur trop serré; constater que mes parents ne m'attendaient pas si tôt; manger des restes en relisant le septième tome d'Harry Potter (pour la quatrième fois); me laver les dents en pensant que je n'ai pas le temps de voir le dentiste; mourir de sommeil; mettre mon réveil à 7h30; stresser pour mon CV; ne pas arriver à m'endormir; détester la vie d'adulte.

Mais malgré tout, je suis pas sûre que c'était toujours mieux avant...