mardi 28 septembre 2010

Mes nouveaux amis

Ennemi n°1 : aller au restaurant pour retrouver cet(te) ami(e) perdu(e) de vue depuis tellement longtemps (genre une semaine au moins), et que ça va être monstre cool de retrouver pour ragoter pendant trois heures ... mais se rendre compte que le compte en banque crie famine. Devoir se rabattre sur la maigre pizza tomates-et-c’est-tout ou la plus petite portion de riz (nature, et même pas cantonais). Ou bien craquer pour le luxueux canard laqué, mais se condamner du même coup à renoncer à ce bel ensemble Princesse Tam-Tam, ce deuxième cocktail entre copines ou cette indispensable paire de bottines fourrées.

Ami n°1 : www.lafourchette.com (merci Shaolin). Ce site merveilleux qui nous a permis de nous régaler de bonne grosse viande, risotto, haricots verts et sorbets pour le dessert, le tout pour une addition ridiculement légère. Merci les 50% de réduction. Merci, chère fourchette.

Ennemi n°2 : profiter d’un soir où on sort tôt du boulot pour s’offrir une virée shopping ... mais, après avoir fait le tour de vingt boutiques et perdu trois heures, se rendre compte que toutes les adorables fringues qu’on avait repéré dans Glamour brillent par leur absence dans les vitrines. Avoir envie d’assassiner toutes les mégères blondasses qui se plantent par douzaines devant nous dans la queue pour les cabines d’essayage. Râler, craquer pour une paire de chaussettes qu’on ne mettra même pas, et rentrer chez soi en ayant férocement l’impression de s’être fait avoir.

Ami n°2 : http://www.zara.com/. Ce site merveilleux qui ne va pas tarder à me permettre de claquer allègrement toute ma fortune (économisée grâce à la Fourchette, voir plus haut) dans une paire de bottines fourrées ou une jupe mettable malgré le froid qui règne en Sibérie à Paris. Je vais même pouvoir assouvir ma nouvelle passion pour les capes à carreaux et recevoir plein de paquets cadeaux chez moi (en espérant que j’ai calculé la bonne taille). Merci la livraison à domicile. Merci Zara.

(Oui donc ce soir je suis en mode pub, mais avouez que ça vaut le coup)
(Cet article serait ravi d’avoir plein de bons plans en guise de commentaires)

jeudi 23 septembre 2010

Orgie

J’entre dans la demeure. Une fois de plus.

Certains pourront penser que c’est un peu choquant, et même dérangeant, de retourner si souvent dans un endroit pareil. Ça n’est pas raisonnable ; si ça se savait ...
Mais je n’y peux rien : cet endroit m’attire, il me fascine. Je le repère de loin dans la rue, il est immanquable, et je regarde tous ces gens qui passent devant en essayant de ne pas trop regarder les vitrines pour ne pas se laisser tenter. Moi, au contraire, ça fait longtemps que j’ai arrêté de résister. Alors tant pis pour ce qu’on en pensera : j’entre.

A l’intérieur, c’est un paradis. Je reçois des saluts, des sourires, je me laisse séduire en frissonnant. Le seul fait d’être ici m’excite. Cet endroit est celui où je sais que tous mes désirs vont être comblés – même les plus exotiques ! À chaque étage je trouve des plaisirs différents, toujours plus intenses à mesure que je monte vers le ciel ... Il y a par exemple ce recoin à l’abri des regards où je file en premier, là où je suis sûre de trouver mon bonheur même si les alentours sont un peu modestes. Déjà, je tombe en extase, incapable de retenir le sourire qui me vient irrésistiblement aux lèvres. Des gens me surprennent ou me regardent du coin de l’œil ... Je dois les surprendre, les choquer peut-être. Tant pis. Je n’ai aucune intention de gâcher mon plaisir à cause d’eux.

Je me promène dans cette demeure de merveilles, mes yeux s’attardant sans cesse sur un nouvel objet plus alléchant que le précédent. Parfois, l’un d’eux accroche particulièrement mon regard : je m’approche alors, je le contemple, je le caresse légèrement en tentant de deviner ce qu’il essaie encore de me cacher. S’il m’intrigue trop, je m’en empare et je l’emmène avec moi. Un autre me fait de l’œil un peu plus loin ? Aucun problème, plus il y en a et mieux c’est.

Je suis capable de dépenser une fortune pour eux, pour le plaisir qu’ils m’offrent. Chaque fois que je viens là-bas, je suis partagée entre l’exaltation et la frustration de ne pas pouvoir en profiter encore davantage. Alors chaque fois, je me promets de revenir bientôt, peu importe ce qu’il m’en coûtera.

Quand je ressors je suis encore tout éblouie, et les gens qui me croisent s’interrogent sur mon regard fiévreux et mes mains tremblantes. Je suis encore ailleurs, dans cet autre monde aux mille délices. Et puis lentement, peu à peu, le rêve s’estompe en ne me laissant que quelques souvenirs exquis.


Putain, j’adore la Fnac.

Bad girlz

Manger des fruits et des légumes.
Ne pas fumer.
Ne pas boire d'alcool.
Faire du sport.
Faire de bonnes études.
Se tenir bien droit.
Avoir peu de partenaires sexuels.
Et se protéger.
Se brosser les dents trois fois par jour.
Regarder avant de traverser...

Il est sans doute impossible de compter tous les conseils et obligations auxquels on est exposés. De compter tous ceux qu'on n'a pas suivis. De compter tous ceux qu'on suit au quotidien. C'est avant tout beaucoup de bon sens et d'instinct de survie, un peu d'éducation mise en forme.


Mais mon Dieu ! Quel plaisir irremplaçable ! Ce verre de vin et cette clope, dans le lit, jusque tard dans la nuit...

lundi 13 septembre 2010

Chiant comme du Wagner

J'ai toujours adoré la littérature, surtout quand elle est chiante comme du Wagner.

Pour être à mon goût, elle est doit légèrement désuète et poudrée, de préférence incompréhensible ou dérangeante. Nécessairement ancienne, pour avoir franchi le temps et les méandres de l'oubli humain. Un roman qui passe les siècles et reste dans la mémoire renferme forcément un peu de génie.
D'où : n'ont de génie que les Classiques - élargissons à un siècle d'ancienneté, pour être sympa.
Le reste ne joue pas dans la même cour.

Et puis, deux claques, coups sur coup, m'ont forcée à revoir mon jugement. Dans les deux sens.

D'abord, L'Excuse, de Julie Wolkenstein (le pitch ici). Un extraordinaire jeu de rôle et de tarot, pour littéraires victoriens aguerris. Un chef d'œuvre, une de ces œuvres que je n'oublierai pas.  Paru en 2008, accueilli chaleureusement par la critique, qui connait un certain succès en librairie. Puis oublié aussi vite que dévoré.

Puis, La carte et le Territoire, de... Michel Houellebecq. Il est inutile de s'étendre sur ce qu'a écrit Houellebecq avant ce livre ; ce roman est son meilleur. Ce roman est le meilleur que j'ai lu depuis longtemps (L'Excuse mis à part - voir ci-dessus). Ce roman mérite son succès, son battage médiatique, ses polémiques. L'intrigue est sinueuse et amère, l'écriture granuleuse et agréable comme jamais l'auteur n'avait su le faire auparavant. Un livre entré dans l'histoire avant même une semaine de parution.

Je continuerai à lire de la vieille littérature, et à l'aimer chiante comme du Wagner. Mais...