lundi 16 août 2010

A la dérive

Ces temps-ci, j’ai l’impression que rien ne tourne vraiment comme il faut. C’est une impression confuse qui traîne depuis des mois, allez savoir si ça ne rampait pas déjà avant. Peut-être même – sûrement – que tout ça, ça se passe seulement dans ma tête et que je me fais des idées.

Mais il n’y a plus assez de lumière. Avant on s’éclatait jusque sous la pluie, maintenant on s’ennuie en plein soleil. Les joies sont trop rares, trop brèves, ou pas assez intenses. Ou peut-être qu’elles sont si belles que tout paraît soudain terne en comparaison. De toute façon, tout va trop vite et tout se succède dans un enchaînement vertigineux que je n’arrive plus à ordonner. Tout dérive pêle-mêle dans des torrents de larmes et des éclats de rire. À un moment, j’entends une musique parfaite ou je lis quelques lignes exquises ; une minute plus tard, je lève les yeux pour retrouver ce ciel d’août qui se croit en octobre, ce « ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle », et tout redevient écœurant de déprime. Envolé, le plaisir furtif de l’instant précédent. Oublié.

C’est assommant de ne plus réussir à voir le bon côté des choses, en tout cas plus assez.

Mais d’une certaine manière, ça apprend à profiter infiniment plus de ces moments si précieux où tout va bien tant qu’ils durent, puisqu’ensuite ils ne seront que de lointains souvenirs. Ou pire, une excuse de plus pour se vautrer dans la nostalgie du passé.

Reste à savoir si ma santé mentale va tenir le coup encore longtemps.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire